28 mai 2012

Egypte-présidentielle : le désarroi des révolutionnaires

Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle en Egypte ne sont pas encore officiels mais déjà on sait que le second tour des 16 et 17 juin prochain, se jouera entre un ancien cacique du régime Moubarak et un islamiste. Pour de nombreux jeunes qui ont mené la révolution place Tahrir, cela revient à choisir entre Charybde et Scylla. Leur désarroi est grand. Barbara Lohr, Marion Touboul, Ahmed Hassan Sami, Joseph Gordillo et Mathieu Boetsch, envoyés spéciaux d'ARTE Journal en Égypte, les ont rencontrés au Caire.

 

 

                                                                           BONUS WEB

 

Pour Mostapha El-Labbad, chercheur au Centre El-Sharq du Caire (Centre de recherche sur le Proche et le Moyen-Orient), les Égyptiens se trouvent face à un choix cornélien avant le second tour de la présidentielle : un ancien pilier du régime Moubarak ou un islamiste issu des Frères musulmans. Il craint que le grand perdant de ces premières élections libre depuis la chute du régime soit le mouvement révolutionnaire.

 

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24 mai 2012

Égypte-présidentielle : Islam et révolution

Le candidat à la présidentielle Abdel Moneim Aboul Foutouh séduit un électorat de plus en large qui comprend aussi bien des libéraux que des salafistes. Islamiste dit modéré, il a été exclu par les Frères musulmans pour avoir participé àl'implantation d'un hôpital de campagne sur la place Tahrir pendant la révolution. Ses positions moins radicales en faveur des femmes et de la minorité chrétienne ont également contribué à son exclusion de la confrérie religieuse. Quelles sont aujourd'hui les raisons de son succès ? Un reportage de Barbara Lohr Ahmed Hassan Sami, Joseph Gordillo et Mathieu Boetsch, envoyés spéciaux d'ARTE Journal en Égypte.

 

                                                                      BONUS WEB

Pour la première fois les Égyptiens élisent librement leur président. A l'issue de ces élections, l'armée s'est engagée à rendre le pouvoir aux civils. L'enjeu de ce scrutin est d'autant plus important que la rédaction de la nouvelle Constitution est suspendue. Le futur vainqueur imposera sa préférence pour un régime parlementaire, mixte ou présidentiel et son avis aura une incidence sur la rédaction de la futur Constitution.

Quelles seront les pouvoirs du futur président ? L'élection présidentielle se transforme-t-elle en referendum pour ou contre la Constitution ? Tewfik Aclimandos, chercheur au Collège de France et grand spécialiste de l'Égypte, répond aux questions d'Arte.

Quels sont les pouvoirs du futur président ?

 

Ce scrutin présidentiel ne tourne-t-il au referendum pour ou contre la révolution ?

 

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26 avril 2012

Egypte : Amr Moussa, favori des sondages

C'est officiellement le début de la campagne présidentielle égyptienne. Une campagne marquée, avant même son démarrage, par des coups de théâtre comme la disqualification d'une dizaine de candidats, dont les favoris. Cette décision de la commission électorale a propulsé l'Egyptien Amr Moussa, ancien chef de la ligue arabe et ancien ministre des affaires étrangères sous Moubarak sur le devant de la scène. Il est parmi les mieux placés dans les sondages. Reportage de Marion Touboul et Ahmed Hassan Sami.

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21 avril 2012

Guillaume de Dieuleveult : Je ne croyais pas vraiment que les Egyptiens auraient fait une révolution

Guillaume de Dieuleveult est un journaliste a la revue française "Le Figaro". Il a vecu en Egypte entre 2006 et 2009, où  il été correspondant pour "La Croix", Radio Vatican, et d'autres medias français. Il vient de publier son livre "Dictionnaire Insolite de l’Egypte".

imagesComment voyez-vous le déroulement des évènements actuels en Egypte?

Pour être honnête, d’un peu loin. La plupart des articles que j’ai l’occasion de lire parlent de l’Egypte sous l’angle "Frères Musulmans" versus "Pro-Moubarak". J’ai peine à croire que l’actualité en Egypte se réduise à cette confrontation, et je suis très curieux de savoir comment est la vie quotidienne en Egypte depuis la révolution. Comment se porte l’économie ? Où en sont les grands projets : métro du Caire, musée, Toshka, centrale nucléaire… Les entreprises étrangères investissent elles toujours en Egypte ? Et au quotidien, qu’est ce qui a changé ? Les conversations sont elles plus libres ? Quels sont les rapports de la population envers la police ? Les Frères Musulmans ont ils gagné en popularité depuis la révolution ? Les rues du Caire sont elles aussi sûres que lorsque j’y habitais… En fait, j’ai hâte de revenir en Egypte pour voir tout ça de mes yeux, et aller boire quelques stellas dans ces bons vieux bars cairotes.

Vous avez résidé en Egypte pendant 3 ans. Pensiez vous que les Egyptiens auraient fait une révolution?

Je  n’y croyais pas vraiment car je pensais le régime trop puissant et les opposants trop éparpillés. J’ai donc suivi les soulèvements de l’hiver 2011 avec incrédulité au début, puis avec beaucoup d’admiration pour votre courage, et à la fin j’étais fier pour vous. Maintenant, est ce qu’on peut vraiment parler d’une révolution en Egypte ?

Vous avez suivi la révolution en France. Quels étaient vos sentiments?

Pour ma part, de la frustration. J’aurais beaucoup donné pour être avec vous place Tahrir.

Pensez-vous que les Egyptiens réussiront à se débarrasser des pro régime Moubarak?

Ils avaient intérêt à se débarrasser du régime et de Moubarak. Il y avait bien sûr une insupportable corruption. Mais je pense qu’il faut faire attention à ne pas tomber dans l’épuration.

Que voulez-vous dire par votre livre?

C’est "Dictionnaire Insolite de l’Egypte". C’est une collection de dictionnaires qui donnent un regard un peu décalé et subjectif, sur des pays et des villes du monde. Ils sont écrits par des gens qui vivent ou y ont vécu et donnent donc un regard "de l’intérieur". Le livre s’adresse à toutes les personnes curieuses de l’Egypte. J’imaginais quelqu’un qui n’est jamais venu au Caire et qui se promène dans le centre ville pour la première fois : il voit des tas de choses inconnues, j’espère qu’en lisant ce dictionnaire, il pourra les décrypter un peu mieux. L’avantage du dictionnaire c’est une lecture facile et rapide, avec des textes courts. Parfait quand on voyage.

Pourquoi un livre sur l'Egypte? Quelle est l'idée et pourquoi maintenant?

Les Français ont une longue histoire avec l’Egypte. C’est un pays qui leur est à la fois familier et méconnu. Ils étudient l’Egypte antique à l’école et beaucoup d’entre eux vont au moins une fois dans leur vie voir les pyramides et les temples. Mais à part ça… De l’Egypte, on évoque toujours les mêmes sujets : les pharaons, les pyramides, les frères musulmans et le canal de Suez. Dans ce petit livre j’ai essayé de parler d’autres choses que j’ai aimées ou détestées en Egypte, et qui ont fait que je reste très attaché à ce pays. Et quand j’y repense, je me dis que je pourrais écrire un deuxième dictionnaire tant il me reste de choses.

 

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01 avril 2012

La culture et les islamistes

Après l’écrasante victoire des islamistes lors des législatives, l'Egypte commence à ressentir l’influence de ces religieux. Dans leur ligne de mire, les artistes. En novembre dernier, un salafiste déclarait par exemple que les romans de Naguib Mahfouz devaient être interdits car ils faisaient l’apologie de la drogue et de la prostitution.
Ces menaces envers le milieu culturel sont-elles sérieuses ? Comment les artistes y font-ils face ?
Reportage de Marion Touboul et Ahmed Hassan Sami pour Arte Journal :

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31 mars 2012

Le Sinaï, après la révolution

En Egypte, dans le Nord Sinaï, la révolution a changé la donne : la police, qui tenait la région d'une main de fer, a été chassée par la population. Dans ce chaos, les Bédouins se livrent, sans peur, à tous les trafics et notamment à celui des marchandises et des armes qui passent dans la bande de Gaza via des tunnels de la contrebande. Des groupes islamistes se sont même installés au Sinaï. Ils remettent en cause les accords de paix de Camp David avec Israël et font exploser régulièrement le gazoduc qui relie l'Egypte à Israël.

De Marion Touboul, Ahmed Hassan Sami et Wissam Charaf - ARTE GEIE / Solas Films – Grande Bretagne 2012

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26 mars 2012

Le milieu culturel égyptien refuse la manière "absurde" utilisée pour former le comite de la rédaction de la constitution

TellawiLe vice-président de l'Union des écrivains égyptiens, Gamal el-Tellawi, a affirmé que l'Union refuse catégoriquement la manière suivie par la majorité islamiste au Parlement dans la formation du comite de rédaction de la constitution égyptienne.

"Pourquoi ils insistent sur le fait que 50% des membres de ce comite soient des parlementaires?", se demande-t-il. "Ils se sont même emparés du choix des personnalités qui adhéreraient à ce comite".

Selon el-Tellawi, ce qui se passe actuellement prouve qu'il n'y a pas eu de réels changements dans la vie politique en Egypte. "Les Frères Musulmans suivent les mêmes politiques du Parti National Démocratique (PND) dissolu", affirme-t-il.

Et el-Tellawi de se dire surpris de l'attitude de la confrérie qui a connu l'injustice, l'oppression et l'exclusion a l'époque de l'ex-régime. "Ils appliquent la même injustice maintenant à l’égard du peuple égyptien".

Pour El-Tellawi, les Egyptiens se sont soulevés pour réaliser une avancée démocratique. "Mais, ce qui se passe actuellement est une régression dont le conseil suprême des forces armées (SCAF) et l'assemblée du peuple assument la responsabilité", a-t-il repris. "Le gouvernement d'al-Ganzouri n'a aucune prérogative, comme c'était le cas avec le gouvernement d'Essam Charaf".

Selon le vice-président de l'Union des Ecrivains Egyptiens, les crises dont témoigne l'Egypte actuellement sont artificielles pour attirer l'attention du peuple loin de la politique, ce qui va aider ceux qui tiennent les reins du pays à rédiger la constitution comme ils la voient et élire un président qui les convient. "Ce qui sont au pouvoir actuellement sont plus intelligents que l'ex-régime. Moubarak créait une seule crise à la fois, mais eux, ils sont capables de créer plusieurs crises en même temps", a-t-il précisé.

Pour el-Tellawi, la seule manière de régler la situation est de travailler sur trois axes. "D'abord, il faut que le SCAF, qui a protégé la révolution, sache qu'il doit remettre, honnêtement, le pouvoir, et enlever la tutelle imposée au peuple égyptien depuis 1952. Les frères musulmans et les salafistes doivent ensuite comprendre que la popularité qu'ils avaient gagnée après la révolution peut disparaitre s'ils continuent à s'emparer de la prise des décisions, et enfin il faut accorder des vraies prérogatives au gouvernement d'al-Ganzouri pour ce qui reste de la période transitoire".

AbelAzizDe de son côté, L'enquêteur dans le domaine du patrimoine égyptien Abdel Aziz Gamal Eddine a qualifié "d'absurde", la manière choisie pour former le comité charge de rédiger la constitution car elle reflète le contrôle de l'un des spectres de la société sur la prochaine constitution.

Selon Gamal Eddine, ni la majorité, ni la minorité ne doit s'emparer de la rédaction de la constitution. "Toute la société doit participer à la rédaction de cette constitution", a-t-il précisé. "Ce qui se passe maintenant ne mènera jamais à une constitution acceptable par tous les Egyptiens".

Gamal Eddine se demande pourquoi ceux qui ont formé le comite ont abandonné le projet de constitution de 1954 qui est acceptée par tous les Egyptiens. "Les honnêtes se sont retirés de ce comité", a-t-il repris.

Pour Gamal Eddine, il faut que toutes les communautés et les couleurs politiques en Egypte soient représentées, équitablement, dans le comité de la rédaction de la Constitution. "Les frères Musulmans doivent être présentés par un seul membre, aussi bien que les salafistes, les Nubiens, les Amazighs..etc", a-t-il précisé. "C'est étonnant que le comité ne regroupe pas des représentants de la Nubie, du Sinai ou de Siwa".

Et Gamal Eddine d'ajouter que les experts juridiques et constitutionnels ainsi que les juges de la Haute Cour Constitutionnelle doivent être la base de ce comité. "Je suggère aussi que le comité regroupe, comme consultants, des experts internationaux en matière de constitution...Mais, si la situation demeure comme elle est maintenant, l'avenir sera obscure", a-t-il conclu.

 

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12 mars 2012

Le courage d'une activiste syrienne

 

Cette jeune femme a connu les geôles syriennes pendant cinquante-deux jours pour avoir participé aux manifestations dans le Nord du pays et avoir secouru des révolutionnaires blessés. A l'occasion du sommet de l'ONU pour les droits de l'homme et de la démocratie, elle racontera le calvaire qu'elle a vécu dans son pays. Reportage de Marion Touboul et Ahmed Hassan Sami pour la TSR.

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05 mars 2012

Abdel Aziz Gamal Eddine : "La révolution est le rythme stable de l'histoire de l'Egypte"

 76675046L'enquêteur dans le domaine du patrimoine égyptien Abdel Aziz Gamal Eddine a affirmé que la révolution représente le rythme stable dans l'histoire de l'Egypte. Selon Gamal Eddine, la culture révolutionnaire est enracinée au sein de l'Egyptien, qui tente toujours d'améliorer sa situation sociale, d’affronter l'injustice ou de lutter contre l'occupant. "Les Egyptiens n'ont jamais arrêter de se révolter contre l'injustice et l'oppression", précise-t-il.

Et Gamal Eddine d'ajouter que les Egyptiens sont très conscients quand ils se révoltent. Ils savent quand est-ce qu'il faut s'arrêter. "Quand ils voient que la confrontation mènera à la destruction du pays, ils s'arrêtent. Ils n'acceptent pas la chute de l'Etat", explique-t-il. "En même temps, l'histoire nous prouve que quand ils sentent que la force ne les aidera pas à aboutir à ce qu'ils veulent, ils commencent à chercher une voie alternative pour continuer leur révolte, comme la désobéissance civile".

Gamal Eddine souligne que la résistance chez les Egyptiens à plusieurs formes. "Elle peut être violente, comme elle peut être sous forme d'arts ou de littérature", indique-t-il. "Les artistes de graffitis s'inspirent maintenant des dessins gravés sur les temples pharaoniques, pour s'exprimer à l'égard de ce qui se passe actuellement dans le pays. Cela prouve la continuité de la culture égyptienne et son unité tout au long de l'histoire".

Selon Gamal Eddine, les Egyptiens sont comme le Nil, qui déborde dans un certain temps avant de se calmer. Et quand il affronte un obstacle, il le contourne afin de poursuivre son chemin. "Par exemple, les Egyptiens n'ont jamais arrêter de demander une véritable constitution pour le pays depuis la revolution de 1919 jusqu'à la révolution du 25 Janvier 2011", dit-il.

Et Gamal Eddine d'ajouter que la révolution de 25 janvier 2011 l'a aidé à publier son livre "Les révoltes des Egyptiens jusqu'à l'epoque de Makrizy. "J'ai écrit ce livre depuis longtemps, mais aucun editeur ne voulait le publier, et après la révolution, ils se sont rappelés du livre et m'ont contacté pour le publier", indique-t-il.

L'auteur affirme que le livre n'est pas un compte rendu des révolutions qui ont eu lieu en Egypte depuis l'époque des Ptolémées jusqu'à Makrizy. "J'ai essayé de décrire, minutieusement, la situation administrative et économique prévalue dans le pays pendant cette période afin que le lecteur puisse comprendre les raisons de chaque révolution. Le livre traite donc de l'histoire de l'Egypte dans son ensemble durant cette période, y compris les conflits dans les palais", enchaîne-t-il.

Gamal Eddine explique que le livre commence par l'époque ptolémaïque, bien qu'il y ait des révolutions à l'époque des Pharaons, parce que, selon lui, les révolutions contre les Pharaons n'étaient pas des éruptions majeures. "Elles n'étaient que des mouvements de protestation. En plus, il n'y a pas une documentation pour ces évènements", souligne-t-il.

L'auteur a remarqué, lors de sa réalisation du livre, que la région du nord du Delta a toujours été le lieu ou les révolutions égyptiennes se déclenchent. "Habituellement, c'est la région qui temoigne des affrontements les plus féroces lors des révolutions", précise-t-il.

L'auteur fait remarquer qu'il s'est intéressé, dans son oeuvre, aux différences entre la langue égyptienne et la langue arabe comme une forme de résistance culturelle adoptée par les Égyptiens jusqu'à nos jours. Il explique que les Egyptiens ont exporté leur culture et leurs religions aux trois religions célestes. "Ils ont egalement écrit leur langue en caractères arabes", ajoute-t-il.

Selon, Gamal Eddine, ce n'est pas vrai que le cinéma etait la raison de la propagation de la langue égyptienne dans la région arabe dans les années 60, comme certains le prétendent. "Le cinema n'était qu'un facteur contribuant. Mais les Egyptiens ont déployé leur langue beaucoup plus tôt que ça. Ils influençaient toujours la région depuis la fondation de l'ancienne Bibliotheca Alexandrina. Même les Grecs étaient influencés par la langue égyptienne jusqu'au point que leur grand poète Kavafis écrivait en grec démotique, touché par l'ancienne langue égyptienne.

Et Gamal Eddine d'ajouter qu'al-Azhar a également joué un rôle majeur dans le déploiement de la langue égyptienne. "L’institution reçoit des milliers d'étudiants de partout dans le monde qui viennent en 'Egypte et vivre avec les Egyptiens".

Selon Gamal Eddine, dire que les Egyptiens parlent l'arabe est faux. Pour lui c'est parmi le pillage de la culture égyptienne. "C'est une grande erreur. Les Egyptiens parlent l'égyptien qui a absorbé des vocabulaires arabes. En plus les Egyptiens ont modifié la phonétique de ces mots".

L'auteur ajoute que la langue égyptienne est pleine de termes français, anglais, italiens, espagnols, persans et turcs fusionnés avec d'autres termes arabes et pharaoniques.

 Concernant ce qu'il dit dans le livre sur la conquête arabe d'Égypte, qu'il considère comme une invasion, et la résistance des Égyptiens aux Arabes, ce qui peut provoquer les Islamistes qui sont en tête de la vie politique égyptienne depuis la révolution du 25 Janvier 2011, Gamal Eddine se moque de leur opinion. "Ce n'est pas moi qui a dit ça, c'est Makrizy, un historien musulman qui l'a dit depuis des siècles. S'il veulent juger quelqu'un, qu'ils jugent cet historien", martèle-t-il. "S'ils créent un problème à ce sujet, ce serait une preuve qu'ils n'avaient rien lu de ce que les anciens savants avaient écrit".

Et Gamal Eddine de dire que le problème des islamistes en Egypte, réside dans leur incapacité à séparer le fait que la personne peut etre égyptienne et musulmane.

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01 mars 2012

Un député salafiste : Nous n'allons pas introduire des changements brutaux dans la société égyptienne

Avec 24% des sièges au Parlement, les salafistes sont devenus la deuxième force politique en Egypte après les Frères Musulmans. Ils ont compté sur des jeunes candidats, la plupart du temps, pour convaincre les électeurs.

Ahmed_Khalil_1Ahmed Khalil, 33 ans, docteur en planification stratégique est l’un de leurs députés. Nous le rencontrons dans un hôtel que le parti salafiste “al-Nour” a réservé entièrement pour ses députés qui habitent hors du Caire afin qu’ils ne s’absentent pas des séances du parlement. Une interview pour essayer de comprendre ces Salafistes qui restaient à l’ombre, loin de la politique, pendant des décennies.

Avant le 25 janvier 2011, vous étiez contre la révolution. Tout d'un coup, après que les manifestants aient prouvé leur insistance, vous avez changé d'avis : n'est-ce cela une sorte d'opportunisme ?

Notre plus grand problème avec le peuple c’était que les gens entendaient beaucoup de rumeurs sur nous mais qu’ils ne nous connaissaient pas vraiment. Avant le 25 janvier, nous avions la réputation d’être des agents des services de la sécurité d’Etat ou bien alliés au régime. Les gens n’écoutaient que certains salafistes dire qu’il ne faut pas renverser le régime. Les Égyptiens ont mis tous les salafistes dans un même panier. C’est une grande erreur. Il n’y avait que 4 ou 5 personnes qui ont appelé à ne pas renverser le régime. Nous avions eu d’ailleurs des problèmes avec ces personnes car ils nous accusaient de ne pas être salafistes.

Une autre chose, si vous rappelez bien, juste avant 25 janvier un salafiste, Sayed Belal, qui appartient à notre école (l’école salafiste d’Alexandrie) a été torturé et tué par l’ex-régime et nous étions accusés d’être les auteurs de l’attentat de l’église d’Alexandrie. Nous étions la cible de la sécurité d’Etat car nos cheikhs refusaient de coopérer avec cet organe. Quand cette école a crée son parti « al-Nour », le peuple a commencé à connaître nos idées.  Dès le premier jour, nous étions pour les manifestations pacifiques qui demandaient des droits. Alors ce n’est pas vrai que nous sommes opportunistes.

Longtemps vous avez répété que "la politique", les élections et le parlement sont "HARAM", Comment expliquez-vous votre rentrée dans la politique ?

Nous n’avons jamais dit que la politique est un péché. Nous disons juste que la démocratie qui autorise ce que Dieu a interdit est Haram comme le changement des quotas dans l’héritage, les relations hors mariage ou l’homosexualité..etc.

Nous sommes avec la liberté absolue mais dans le cadre de la Charia. Pour nous, la liberté sans limites est un sabotage.  Nous sommes pour les mécanismes de la démocratie, mais nous sommes contre une démocratie qui touche les principes de l’Islam. En ce qui concerne les élections, nous avons dit que les élections à l’époque de Moubarak n’avaient aucun intérêt, mais, après la révolution, quand nous avons trouvé des élections libres et justes nous avons y participé.

Comment expliquez-vous votre score aux Parlementaires ?

Neuf millions d’Egyptiens ont voté pour nous. Nous avons eu 112 sièges. Cela répond à ceux qui disent que nous ne sommes pas égyptiens ou que nous sommes des extrémistes. C’est illogique que les 9 millions soient tous des salafistes. Le peuple égyptien a trouvé que nous ne mentons pas, que nous sommes claires et sérieux.

Il y a des accusations comme quoi vous avez profite de l'analphabétisme en Egypte en disant aux électeurs que les grands prêcheurs salafistes comme Mohammed Hassaan, soutiennent votre parti. Que dites-vous ?

D’abord j’appelle toute personne qui a une preuve concernant ces accusations à les présenter. J’avoue qu’il y avait des erreurs mais c’est du au manque de l’expérience. Mais dans l’avenir quand la culture politique des Egyptiens sera améliorée, toutes ces erreurs, commises par toutes les forces politiques, vont disparaitre.

Pour vous prouver que nous n’avons pas utilisé l’analphabétisme en Egypte, notre parti n’a pas eu recours aux publicités couteuses à la télévision ou dans les rues, nous avons fait la publicité simple. Tout le monde se demande comment un parti né il y a quatre mois seulement a pu avoir ce succès : Notre point fort, c’est que nous sommes dans la rue, aux cotes du peuple, depuis 30 ans.

Le prophète Mohammed dit : "Vous êtes tous des PARRAINS et vous êtes responsables des gens que vous parrainez". Mais vous refusez de communiquer avec les Chrétiens qui sont une partie de cette société, comment expliquez vous ce paradoxe ?

Nous sommes le parti le plus clair dans notre relation avec les Chrétiens. Nous n’avons aucun problème avec eux. Pendant les 18 jours de la révolution, nous étions cote-à-cote avec eu sans aucun barrage. A Alexandrie, ceux qui protégeaient les églises pendant les 18 jours de la révolution étaient les salafistes. Les Chrétiens sont nos partenaires dans la patrie. Nous allons les respecter comme le Prophète nous a ordonné de le faire.

Mais, vous avez dit que vous n’allez pas presenter vos vœux pendant les Noel ?

C’est vrai. Il faut séparer entre les croyances et les droits. Le Pape Chenouda III n’a pas rendu visite au Pape Benedict XVI quand ce dernier était en Egypte et il a expliqué cela par la différence de croyances.  Nous appelons à la coexistence, chacun croit à ce qu’il veut. Les chrétiens croient que Jésus est le fils du Dieu ce qui va à l’encontre de notre religion, comment nous pouvons présenter nos vœux ?

Beaucoup parmi les prêcheurs salafistes appellent à imposer la "Jezya" (sorte de taxes sur les Chrétiens), est- cela démocratique ?

Ce n’est pas dans nos priorités. Pour les questions concernant la jurisprudence, al-Azhar, qui est la référence de tous les musulmans en Egypte, sera le juge.

Votre projet politique semble très proche de celui des Saoudiens. Est-ce que vous voulez transformer l'Egypte en une  autre Arabie Saoudite ?

Absolument pas. Cela est le résultat des trente ans où les medias n’ont cessé de nous lier au modèle saoudien et quelques uns qui nous ont même liés aux modèles somalien et afghan. Je suis égyptien, je vis en Egypte. D’autre part, nous avons accepté les principes de la démocratie, donc aux  prochaines élections, le peuple a le pouvoir de m’évincer du parlement.

Mais ce parlement va rédiger la Constitution, alors vous pouvez le faire d’une manière qui vous aide a garder vos sièges au prochain parlement…

Même si nous tentons le faire, Il y aura un referendum où le peuple égyptien peut refuser la Constitution.

Récemment, une page FaceBook appelée "al-Amr bel Maarouf et al-Nahey an el-Monqar Egypte", cette police saoudienne qui force les gens a prier..etc, a dit qu'elle est liée à votre parti et qu'elle va le prouver, votre commentaire ?

J’affirme que ce groupe n’a aucun lien avec nous. Nous avons fondé un parti qui a sa page officielle qui exprime ses idées. C’est facile de créer un compte FaceBook et dire ce qu’on veut dedans. Nous sommes responsables de ce qui est dit sur notre page officielle seulement.

Le niqab est-il pour vous une obligation dans l'Islam? Est-ce que vous allez l'imposer en Egypte ?

Il faut différer entre propre jurisprudence et ce qu’on appliquera à la communauté. Notre conviction c’est que le niqab est obligatoire. Mais, pour la communauté, il y a quatre écoles de jurisprudence et c’est à eux de choisir parmi ces écoles. Nous ne disons pas que le Niqab sera obligatoire pour toutes les Musulmanes.

AhmedEt le Hijab ?

Une autre fois, c’est à al-Azhar de donner le dernier mot dans les questions de la Jurisprudence.

Quelle est votre attitude envers la femme en général ?

Beaucoup des droits de la femme sont bafoués en Egypte. Nous allons travailler pour qu’elle obtienne tous ses droits. Il faut changer la culture de la société non seulement les salafistes. Dans le parlement, Il y a 5 femmes élues, quatre d’entre elles appartiennent au courant islamique.

L'Egypte passe une crise économique sans précédent. Le tourisme est la deuxième source de revenu pour l'Etat égyptien. Ce secteur aide à résoudre le problème du chômage en Egypte vu que 1 sur 6 égyptiens y travaillent. En même temps, vous luttez contre le tourisme balnéaire qui attire 50% des touristes...Quelle est votre explication ?

D’abord, je pense que l’ennemi du tourisme en Egypte ce n’est pas les Islamistes, c’est la bureaucratie. Par exemple, nous avons invite l’organisateur du rallye Londres-Le Cape, passant par l’Egypte. Cet organisateur a annulé l’étape de l’Egypte parce qu’il avait besoin de 52 autorisations.

Encore une fois il faut différer entre l’interdiction du tourisme et l’interdiction de ce qui est péché dans le tourisme. Bien sur, nous n’allons pas interdire le tourisme. Au contraire, nous allons créer d’autres pistes pour le tourisme, comme le tourisme médical, le tourisme religieux, le tourisme des rallyes. Il ne faut pas résumer le tourisme aux stations balnéaires. Nous allons reformer ce genre de tourisme afin d’éviter le nudisme qui se trouve sur certaines plages, nous allons consacrer des plages pour les familles, d’autres pour les femmes et d’autres pour les hommes, ainsi que des plages privées. Tout cela sans que personne ne perde son travail. Toutes ces politiques seront appliquées graduellement et sans porter atteinte aux intérêts du peuple égyptien.

Mais, allez-vous appliquer ces politiques sur les Etrangers aussi ?

Chaque pays a ces lois et ces coutumes qui doivent être respectés. Et je ne pense pas que les touristes viennent pour faire ce qu’ils peuvent faire chez eux, Ils viennent pour visiter le pays et connaitre son peuple.

Je ne veux pas réduire le tourisme dans une question de maillot de bain et un vers d’alcool. Le touriste ne vient pas pour cela. Il vient pour des milliers de choses qu’il ne se trouve qu’en Egypte.

Dans les traditions de la société égyptienne, il y a les bars, les cabarets..., allez-vous les fermer? Cela ne touche pas la liberté personnelle ?

Cela n’est pas dans nos priorités pour le moment même si nous nous opposons à ces traditions. Il faut d’abord rétablir la sécurité et redresser l’économie. Et pour rassurer tout le monde, nous n’allons pas introduire des changements brutaux dans la société égyptienne dans tous les domaines.

Certains Salafistes ont appelé à bruler les romans de Naguib Mahfouz. Etes-vous contre la créativité culturelle ?

Nous sommes avec la créativité culturelle absolue dans le cadre des principes de l’Islam. Ceux qui ont lance cet appel ont tort.  Nous sommes contre les scènes de nues, mais nous sommes pour la sculpture, la peinture..etc

Etes-vous pour un Etat laïc ou un Etat religieux ?

Nous refusons l’Etat  théocratique.

Un Chrétien peut-il être élu président ?

Encore une fois, cela nécessite le changement de la culture de la société qui a refuse qu’un chrétien soit nomme gouverneur. Il faut changer la pensée de cette société qui refuse même les résultats de la démocratie.

Quelle est votre attitude à l’egard de l’exportation du gaz vers Israël et du traité de paix avec l’Etat hébreu en général ?

Nous sommes contre l’exportation du gaz vers Israël, c’est inimaginable qu’ils profitent du gaz au moment où les Egyptiens se battent pour avoir une bonbonne de gaz. En ce qui concerne le traité de paix, nous ne savons pas ses détails. Nous appelons à réviser ce traité et modifier les clauses qui ne vont pas avec les intérêts des Egyptiens.

Que pensez-vous de l’accession des Islamistes au pouvoir en Tunisie, au Maroc, en Libye et en Egypte ?

Les Islamistes ont une chance énorme pour s’exprimer au monde et prouver que les dictateurs les ont utilisés comme terreur pour avoir le soutien de l’Occident et rester au pouvoir.

Article écrit pour le numéro 57 de la revue Le Courrier de l'Atlas (mars 2012) (Photos Françoise Beauguion)

http://www.lecourrierdelatlas.com/emag/2012/NUM057/#/60/

 

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