20 mars 2008

Cinq ans après l'invasion de l'Irak et la Mésopotamie toujours loin de la démocratie et de la prospérité

Malgré l'invasion américaine de l'Irak, il y a cinq ans, et la chute du régime de Saddam Hussein, malgré les allégations du président americain George W. Bush qui affirme que le monde est devenu plus sûr après le renversement de Saddam, la Mésopotamie est encore bien loin de la paix et la démocratie.

Les Irakiens constatent que les Etats-Unis n'ont pas pu realiser la victoire dans sa guerre visant à éradiquer le terrorisme et enraciner la démocratie dans le monde. Dans ce contexte, Abou Fares Darraji, vendeur de cigarettes à Bagdad, juge que Bush, qui parle de de la victoire, n'a réussi qu'à détruire l'Irak.Irak5

Darraji ajoute que les conflits sectaires et religieux dont temoignent son pays depuis l'invasion ont éteint  "la joie du renversement du régime de Saddam". Il s'est dit convaincu que les Etats-Unis sont le seul bénéficiaire du declenchement de la guerre en Irak.

Darraji dit que les Américains représentent une extension du régime de Saddam Hussein : "Ils prennent des décisions concernant l'Irak au moment ou le gouvernement irakien est privé de toute forme de souveraineté", dit-il. "Les Américains ont réalisé une victoire pour eux-même en imposant leur hégémonie en Irak, une region stratégique pour Washington afin de contenir la menace iranienne.

Et Darraji de dire que les Américains ne défendent que leurs intérêts et ignorent les ambitions du peuple irakien. "Au contraire, Ils ont apporté à l'Irak des choses que l'on n'avait jamais vu comme les terroristes et les assassins", affirme-t-il.

Pour sa part, Nesrine Mohammed, une institutrice dans une école a "Ziouna", un quartier chic au centre de Bagdad, dit que la victoire dont parle Bush est la victoire militaire qui a eu pour fruit le renversement de Saddam Hussein. Elle ajoute que cela n'est qu'une preuve de la realisation des intérêts purement américains..

Nesrine fait remarquer que Bush ne sait pas encore l'ampleur de l'échec de ses soldats à la reconstruction du pays, un échec qui a entraîné d'enormes pertes matérielles et en vie humaine dans les rangs des Américains.

De son côté, Tareq al-Maamoury, rédacteur en chef du journal indépendant "le pays aujourd'hui", dit que la victoire doit être mesurée par le nombre des objectifs annoncés par les Etats-Unis au début de la guerre et le nombre des objectifs realisés.

Il ajoute que parmi les objectifs annoncés par les Américains figure l'élimination du régime de Saddam Hussein en raison de sa possession d'armes de destruction massive et ses liens avec des organisations terroristes. "Mais, jusqu'ici, les Américains n'ont pas été en mesure  de prouver ces allégations", affirme-t-il.Irak1

Et al-Maamoury de rappeler que le seconde objectif de l'invasion américaine de l'Irak est l'instauration de la démocratie. "Cet objectif a été realisé théoriquement à travers les élections, la constitution et la liberté de la presse, mais en réalité, il n'a pas été atteint parce que l'Etat est encore faible et incapable d'assurer la sécurité et de fournir le climat approprié pour appliquer la démocratie", ajoute-t-il .

Selon al-Maamoury, le concept de la "victoire" ne signifie pas qu'il y a des gagnants et des perdants. Il souligne que les Etats-Unis ont aidé les Irakiens à se debarrasser du régime de Saddam, qui, s'il demeurait au pouvoir, les résultats auraient été catastrophiques pour la région dans son ensemble.

Toutefois, al-Maamoury affirme que les Irakiens ont encore une grande bataille qu'ils doivent remporter, à savoir, l'éradication des milices et la formation de forces militaires ainsi que la lutte contre la corruption dans le but de former un véritable pays.

L'élite irakienne exprime son mécontentement de la situation globale dans le pays, au moment où plusieurs Irakiens accusent le gouvernement actuel, dominé par les chiites sous la conduite de Nouri al-Maliki, de clientélisme et de corruption.

Les réunions du Parlement irakien montrent l'énorme fossé séparant les différents groupes, non seulement entre les sectes et les ethnicités, mais aussi au sein de chaque communauté, notamment lors de l'examen des projets de loi importants, comme le pétrole.

Al-Maamoury exprime le regret de ne pas réaliser d'importants pas sur la voie de la réconciliation nationale, la concorde et la lutte contre la corruption, qui mènent directement au financement du terrorisme.

Pour al-Maamoury, les Irakiens sont convaincus que l'hébergement d'al-Qaida renferme énormement de risque, soulignant que les actes de cette mouvance etaient une raison suffisante de la rejecter, non seulement en Irak, mais dans les pays arabes qui l'ont hébergée et soutenue.

L'impact de l'invasion américaine de l'Irak et ses conséquences ont poussé les Irakiens à vouloir quitter leur pays. le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé que même après cinq ans de l'invasion, les Irakiens continuent a fuire de leur pays et demander le droit d'asile dans les pays industrialisés.

Le HCR explique dans son rapport que l'Irak, pour la 2me année consécutive, est le premier pays au monde en termes du nombre de demandeurs d'asile dans les pays industrialisés. Selon le HCR, le nombre des Irakiens demandeurs d'asile en 2007 a hausse de 10% à 45 mille et 200 personnes parmi un total de 338 mille personnes dans le monde entier.

refugiesLe HCR ajoute que deux millions d'Irakiens ont fui vers la Jordanie et la Syrie, qui ne sont pas des pays industrialisés, dans le plus grand exode depuis la séparation de l'Inde et le Pakistan en 1947. Le HCR note que les services sociaux et de santé dans ces deux pays sont devenus impuissants devant ce flux irakien.

Selon le HCR, il y a également quelque 2,5 millions Irakiens en exode dans leur propre pays. Le haut Commissariat  a renouvelé son invitation à recueillir 261 millions de dollars pour les déplacées et réfugiés irakiens.

Pour sa part, l'Organisation Mondiale de la Sante (OMS) et le Ministère irakien de la Santé estiment que le nombre d'Irakiens victimes de la guerre atteigne quelque 1,2 million de personnes, dont 151 mille tués dans les trois premières années après l'invasion.

L'OMS ajoute que ces chiffres ne comprennent pas ceux qui sont décédés en raison de l'effondrement des services de santé et de la détérioration des conditions de vie.

Sur le plan économique, les Irakiens souffrent de plus en plus. Les emplois sont disponibles uniquement dans les secteurs à haut risque tels que l'armée et la police irakienne ou le domaine de la traduction pour les forces américaines et les sociétés étrangères opérant en Irak. Ceux qui travaillent dans ces domaines sont visés par des groupes armés qui les accusent de coopération avec l'occupant.

L'ONG britannique " Oxfam" estime que les résidents de Bagdad n'ont pas accès à l'électricité pour plus de six heures par jour,alors que 70% des Irakiens n'ont pas accès à l'eau potable, au moment ou 43% des Irakiens vivent avec moins d'un dollar par jour.

Dans ce contexte, l'OMC dit que le taux de malnutrition chez les enfants irakiens a atteint 28% en 2007, contre 19% lors de l'embargo international impose au pays entre 1999 et 2003.

Au niveau politique, la situation s'aggrave depuis l'exclusion des sunnites du pouvoir et de l'administration du pays.Au moment où les Etats-Unis tentent de les intégrer à nouveau dans leur vie politique, les chiites, qui contrôlent l'Etat, ne voient pas de raison pour rouler dans cette direction.

Il semble que la situation en Irak ne s'améliorera pas au cours des prochains mois alors que l'administration américaine est engagée à chercher de solutions aux crises qui frappent l'économie américaine telles les prets hypothécaires, l'augmentation des prix du pétrole et la baisse du taux de change du dollar.

Cela intervient au moment où le volume des dépenses de l'administration americaine sur la guerre en Irak a atteint plus de 522 milliards de dollars, alors que le déficit budgétaire americain est de 244 milliards de dollars en 2007.

Il faut attendre jusqu'aux élections présidentielles américaines, en novembre prochain, afin de savoir si les Républicains restent au pouvoir ou bien les Démocrates vont les remporter et tenter de corriger les erreurs du gouvernement américain actuel, sur les plans interieur et exterieur, notamment l'implication dans le marécage de l'Irak.

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20 mars 2007

Apres quatre ans, la guerre en Irak a conduit au déséquilibre géopolitique plutôt qu'à la démocratie

La guerre américaine en Irak a perdu son but initial. Au lieu de réaliser les voeux de Washington de démocratiser le Proche et le Moyen-Orient, cette guerre n'a causé qu'un grave déséquilibre dans la géopolitique du Moyen-Orient. Il est maintenant devenu très difficile de transformer l'Irak en un modèle de la démocratie.

Quatre ans après le déclenchement de la guerre en Irak, qui a coûté la vie à des centaines de milliers de victimes parmi les Irakiens, outre 3500 soldats des forces de la coalition, on peut dire que cette guerre n'a réussi qu'à renverser le régime de Saddam Hussein, exécuté au dernier jour de 2006.

Mais cette guerre a transformé la vie quotidienne des Irakiens en une sorte d'enfer... Le nombre des attaques terroristes et les actes de violence sectaire augmentent et continuent à de le faire de manière grave. La situation actuelle a également soulevé des sentiments de haine à l'égard de la présence américaine, et plongé les Etats-Unis et leurs alliés dans un marécage de conflits sanglants.

Tous ces scénarios catastrophiques ont poussé Washington à modifier sa stratégie militaire en Irak jusqu'au limogeage du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, un des faucons de l'administration américaine. Ils ont aussi poussé à la nomination de Robert Gates, connu par sa modération, à sa place après l'échec du plan de Rumsfeld basé sur l'utilisation de technologies de pointe dans les opérations militaires en Irak pour réduire le nombre des soldats. La première décision du Pentagone, après que Gates ait pris la portefeuille de la défense, était l'envoi de 25 mille soldats américains supplémentaires en Irak, ce qui porte le nombre des forces américaines dans ce pays à plus de 160 mille militaires. Une mesure que les analystes estiment très tardive.

Selon les observateurs, il semble que le Président américain George W. Bush et le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki étaient convaincus que la réalisation de victoire militaire seule ne suffirait pas à réaliser la paix en Irak. Il fallait également parvenir à la réconciliation entre les différentes couleurs, communautés et sectes du peuple irakien, ce qui a incité les Etats-Unis, aussi bien que les Irakiens, à recourir aux pays voisins de l'Irak pour leur demander à aider à réaliser la stabilité en Iraq.

Les analystes voient que la conférence qui s'est tenue le 10 mars sur la sécurité en Irak a été la première étape dans cette direction. Il jugent également que le fait que les responsables américains se trouvaient avec les "ennemis" (la Syrie et l'Iran) à la table des négociations est une preuve que l'administration américaine a perdu son pari sur "La réalisation de la démocratie" dans la région partant de l'Irak.

Au lieu d'imposer l'isolement à l'Iran, la guerre en Irak et la chute du régime de Saddam Hussein ont aidé à renforcer le rôle du régime iranien et à accroître son influence dans la région, ce qui s'applique également à ses alliés: la Syrie, Hezbollah au Liban et Hamas dans les territoires palestiniens occupés.

Suite à l'échec des Etats-Unis en Irak, la voie a été ouverte devant la Russie, qui entretient des relations étroites avec Teheran, pour restaurer son influence et sa présence dans la région. Pour cela, le Président russe Vladimir Poutine a effectué une tournée dans la région qui l'a mené en Arabie saoudite, au Qatar et en Jordanie.

Et les analystes de souligner qu'au moment où Washington devait consolider son influence dans le Moyen-Orient, elle se trouve plus que jamais obligée de tenir compte de l'attitude des puissances régionales avant de prendre n'importe quelle décision concernant la région.

D'autre part, cet échec a plongé les Etats-Unis dans une crise morale grave comme le constate Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale américaine. Il affirme que le coût de la guerre de Bush contre le terrorisme était très élevé. "Bush a sacrifié la crédibilité et la légitimité des Etats-Unis et le respect du monde", ajoute-t-il.

La crise est plus profonde dans la société américaine, où les récents sondages ont montré que 59% des Américains croient que la guerre en Irak était une grave erreur, le taux le plus élevé depuis le déclenchement de la guerre. 35% seulement des Américains ont confiance en Bush.

Bush n'est pas le seul perdant dans ce pari. Le Parti républicain, à qui appartient Bush, a perdu la majorité au Congrès dans les élections organisées en novembre dernier avant que l'administration américaine ne reçoive en pleine figure la publication du rapport de la commission Baker-Hamilton, qui critique la façon par laquelle la Guerre En Irak a été gerée.

Tout cela a conduit l'administration américaine à changer sa politique étrangère et de montrer plus de souplesse à l'égard de plusieurs autres questions. Dans ce contexte, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a été chargée de recourir à la voie diplomatique et d'examiner la possibilité d'engager un dialogue avec l'Iran et la Syrie. Rice est également chargée de revivifier le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, en plus de parvenir à un accord avec la Corée du Nord sur son programme nucléaire.

Cette nouvelle tendance adoptée par Washington était inimaginable il y a quelques mois. Après six années des attaques du 11 Septembre 2001, Washington a adopté, à nouveau, une politique de dialogue et d'ouverture au monde.

Mais la question qui se pose maintenant est de savoir pourquoi ce changement ? Pourquoi l'administration américaine a attendu tout ce temps pour changer sa tendance ? Pourquoi le rythme de ce changement accéléré ?

La réponse réside dans l'approche des élections présidentielles aux Etats-Unis en Novembre 2008. L'administration actuelle n'a que quelques mois seulement pour prouver le succès de sa politique en Irak, notamment après que la question de la présence américaine dans ce pays soit devenue une pierre angulaire dans le choix par les Américains du prochain président des Etats-Unis.

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08 avril 2003

Les Irakiens sur l'autel des compagnies pétrolières américaines... intermédiaires s'abstenir

"On croit mourir pour la patrie...on meurt pour des industriels", aux dires d'Anatole France au début du 20ème siècle. Le quotidien français "L'Humanité" voit que cette maxime a été manipulé par les Américains au début du 21ème siècle pour devenir: "On croit mourir pour la liberté...on meurt pour les financiers de la campagne électorale américaine", plus précisement pour "Halliburton", la géante compagnie pétrolière américaine et ces soeurs qui tiennent de forts liens avec les décideurs de la Maison-Blanche.

L'agression américaine contre l'Irak constitue une frappe sans précédent par laquelle Washington lance une boule de feu en pleine figure du monde pour prouver le retour du principe "protectorat naturel", voire "colonial" à croire le choix de terme d'un parlementaire allemand, qui a souligné le nouveau concept. Au moment où des combats farouches se déroulent en Irak, et bien que les Etats-Unis n'aient pas fini l'opération militaire sanglante, Ils évoquent  l'Irak de l'après-guerre pour soulever la question "étant persuadés que cette guerre constitue une période provisoire qui sera suivie d'une autre plus importante" dans l'esprit de l'administration américaine. halli

Malgré les déclarations contradictoires du président américain George W. Bush ainsi que celles de ses collaborateurs et conseillers à propos de la  l'Irak post-Saddam, une polémique acharnée s'est soulevée en Europe, en Chine et en Russie, reveillées sur la réalité que Washington sort de son "placard" les dossiers "Top secret" sur l'administration de l'Irak qui torpille les rêves de certains de gagner une part du "gateau" irakien que les Américains envisagent "garder" en jetant des miettes a Londres. Ce conflit s'est affirmé evident dans la presse européenne qui parle d'un rôle à accorder à l'ONU dans l'Irak post-guerre. Cette presse affiche une forte inquiétude à propos des intêréts des pays et des compagnies francaises et européennes "privées de ce gâteau irakien". La presse européenne suit, avec étonnement et ironie, les déclarations pompeuses des responsables américains sur l'Irak...déclarations totalement contradictoires balancées entre "Colombes et Faucons" américains.

Le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, affirme que l'ONU assumera un rôle principal dans l'Irak post-guerre, mais la conseillère du président américain pour la sécurite nationale, Condoleezza Rice, dit que les pays membres de la guerre menée par Washington contre l'Irak auront le rôle principal dans la gestion de l'Irak "libéré"! Mais les indices, selon les observateurs européens, prouvent qu'un "plan" est tracé par Washington pour s'emparer "seule" de l'administration de l'Irak de l'après-guerre et que dans le scenario le plus optimiste, elle offrira une "bouchée" du gâteau irakien aux Alliés en récompense de leur participation a la guerre. Le premier ministre britannique, Tony Blair, a fini par saisir le coup et s'est hâté de prôner un rôle principal de l'ONU en Irak. Dans ce contexte, Blair, qui doute des intentions américaines, adhère au camp opposé à la conception americaine..Ce camp, conduit par Paris, appelle acharnement à un rôle important de l'ONU dans l'Irak post-Saddam.

Le chef du gouvernement britannique se précipite déjà au 28 mars dernier à Camp David pour convaincre Bush d'accorder à l'ONU le rôle escompté. Les observateurs estiment que seul le Temps est capable de prouver si Blair était doté d'un "crédit" auprès de Bush. Selon "Le Figaro" parisien, tous les scenarios envisageables d'une gestion politique et économique de l'Irak post-guerre sont américains... autrement dit l'ecart de l'ONU. Pour la gestion politique de l'Irak, deux visions américaines font apparition...la première, soutenue par le vice-president americain, Dick Cheney, et les faucons a la Defense, prône le modèle Allemagne-Japon à la sortie de la seconde guerre mondiale, c'est-à-dire "compter sur les Irakiens en exil". La deuxième version, celle de Powell, qui estime que les Irakiens en exil sont incrédibles, appelle à sauvegarder la structure du pouvoir irakien actuel, en se bornant à remplacer les premiers cercles autour de Saddam Hussein.
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Cependant, les deux visions se rencontrent sur la manière de gérer l'Irak par deux gouvernements, militaire conduit par le chef du QG des forces anglo-américaines, Tommy Franks, et un autre civil, qui sera probablement confié au général à la retraite, Jay Garner. Une hégémonie militaire et économique qui permet donc aux Etats-Unis de contrôler les ressources irakiennes. L'administration américaine semble avoir décidé d'assumer, seule, la gestion de l'Irak bien avant l'échec des efforts diplomatiques pour éviter la guerre puisque le président Bush avait crée, dès le 20 janvier 2003, le bureau de la "Reconstruction de l'Irak" chargé de "remettre le pays sur pieds". Quelques jours avant la campagne militaire contre l'Irak, le chef du bureau, Jay Garner, arrive, discrètement, à Koweit pour entamer ce que le Pentagone appelle "phase de prospection et de recrutement"...Une visite qu'un diplomate à l'ONU qualifie de "consécration de la nomination de Garner gouverneur de l'Irak". Bien que Bush ait donné l'impression, au sommet d'Acores, que l'ONU devait avoir un rôle essentiel dans la reconstruction de l'Irak, tous les indices sortis de la Maison-Blanche vont à l'encontre...

Des observateurs jugent que l'ONU serait responsable uniquement des affaires humanitaires... dans un reflet de la mentalité capitaliste des faucons de l'administration américaine. Le spécialiste des relations internationales au Monterey Institute for International studies, Gleen Wood, note que "l'option actuelle serait plutôt celle pour la gestion totalement americaine de l'Irak pour quelque temps, avec les Nations-Unies releguées a un role purement humanitaire". Et Wood d'ajouter que l'idée est de confier la majorité des contrats à des sociétés américaines et, parellèlement, placer une administration avec des civils américains investis de prérogatives de ministres "pour préparer un nouveau régime...suppose être démocratique", a-t-il dit. Dans ce contexte, la presse americaine a devoilé, voici quelques jours, un rapport secret sur le plan de la Maison-Blanche pour la gestion de l'Irak post-guerre. Selon ce rapport, Bush "écarterait" non seulement l'ONU, mais de nombreuses ONG. Un diplomate a l'ONU a dit que le président Bush punirait meme l'ONU qui n'a pas approuvé la guerre américaine contre l'Irak.

Le rapport secret renferme des informations sur des firmes americaines qui obtiendraient, en première étape de la reconstruction de l'Irak, des contrats pour 1,5 milliard de dollars sous couverture d'appels d'offres lance par l'Agence americaine pour le développement international (USAID), pour la construction des hopitaux, écoles et infrastructures. Le departement americain du tresor se chargerait même de "reconfigurer" la Banque centrale irakienne et d'émettre une nouvelle monnaie irakienne. Selon le quotidien francais "Liberation", quelques jours apres la sortie de ce rapport la lumiere, les informations se sont confirmées... Au cours de la dernière semaine de mars dernier, l'USAID a passé un contrat de 4,8 millions de dollars au groupe "Stevedoring Services of America", compagnie americaine de Seattle... Un appel d'offres que "Liberation" qualifie de "suspect" puisqu'aucune entreprise etrangère n'est appelé à y repondre. L'USAID avait, quelques jours avant, octroyé un premier contrat de 7,1 millions de dollars pour la logistique de l'Irak post-guerre au groupe americain "International Ressources Group".

De même, la firme americaine "Kellog, Brown and Root" (KBR) a été chargée par l'armee americaine d'éteindre les puits en feu a al-Remela (sud de l'Irak). "KBR" est une filiale de Halliburton, la compagnie petroliere ou Dick Cheney était vice-president jusqu'en 2000. Selon le "Center for Responsive Politics, Halliburton avait contribué au financement de la campagne éléctorale de Bush lui-même, mais le quotidien anglais "The Guardian" note que Cheney continue recoit toujours la somme annuelle d'un million de dollars de Halliburton en "compensations différées". "KBR" avait obtenu le contrat de construction du camp de detention pour les prisonniers d'al-Qaeda a Guantanamo. Passant en revue le conflit entre les faucons et les colombes americains, l'expert des Nations-Unies au "Wellesley college", Craig Murphy, dit ne pas savoir si Bush, lui-même, avait décidé ce qu'il ferait précisement en Irak.     "D'un côté, on a les faucons, avec Cheney, Rumsfeld et toute la clique qui poussent pour le contrôle americain; de l'autre, au sein du département d'Etat, il y a ceux qui sont prudents et qui estiment qu'il ne faut pas fermer la porte a l'ONU", a-t-il dit. Et M. Murphy d'ajouter le coût économique de la reconstruction de l'Irak, que les experts situent pour l'instant entre 70 et 200 milliards de dollars, pourrait tempérer les ardeurs de Bush...Une valeur qui pose la question "Comment Washington pourrait gérer, à elle seule, un tel plan avec un budget qui explose alors qu'on entre en periode pre-electorale ?".
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Il semble que les Americains planifient de puiser dans les ressources pétrolières de l'Irak le coût de sa reconstruction. Ces ressources représentent, selon les experts, 10% des réserves mondiales, soit 120 milliards de barils, plaçant l'Irak seconde sur la liste mondiale des réserves derrière l'Arabie Saoudite. Dans ce contexte, l'USAID a passé des contrats directs pour un montant global de 900 millions de dollars à cinq sociétés americains: Bechtel Group, Fluor Corporation, KGB, Louis Berger Group et Parsons Corporation. Prétexte : Ces compagnies jouissent d'une large expérience dans la reconstruction. Mais, des sources européennes affirment que l'expérience n'est pas seule critaire de cette partialite flagrante de la part de l'administration-Bush. "La seule raison est que ces compagnies ont contribué au financement des partis americains par 2,8 millions de dollars depuis 1999 et que plusieurs figures de l'administration americaines y avaient occupé de hauts postes", ont-elles dit. Et ces sources d'indiquer que ces marches reflètent une intension americaine de contrôler le brut irakien au moment ou les experts pétroliers estiment que l'Irak pourrait produire 6 millions barils/jour au cours de cinq ans contre deux millions B/j avant la crise.

"Le Figaro" précise que ces marches supects ont suscité l'inquiétude de plusieurs pays, notamment la France, la Russie et la Chine, de voir les  regions de prospection pétrolière imposées à la politique de "bras de fer". La Chine avait conclu un accord avec Bagdad pour le ravitailler en équipements petroliers et developper un gisement pétrolier. Moscou, de son côté, pense à ses contrats conclus avec le regime-Saddam pour développer les gisements d'al-Qeranah, pour la valeur de 4 millions de dollars. Quant à la France, ses craintes dépassent les autres... Abstraction faites de ses ambitions d'obtenir des contrats de prospection pétrolière en Irak a travers "Total-Fina-elf", Paris veut sauvegarder ces aquis realises grace au pogramme "pétrôle contre nourriture". Depuis 1996, la France arrive en tête de la liste des exportateurs pour l'Irak, dans le cadre de ce programe, avec 15% des importations irakiennes. Selon des rapports officiels, les exportations francaises pour l'Irak étaient focalisées sur les appareils, les equipements et autres.

Le patron de la Federation francaise des industries mecaniques, Yvon Jacob, affirme la collaboration entre la fédération et le gouvernement francais pour preparer l'étape Irak de l'apres-guerre. Et M. Jacob d'ajouter que les entreprises francaises aspirent a une reconstruction sous tutelle de l'ONU. De son côté, Nadim Jazzini, directeur du service exportations "Regilait", a toujours espoir de reprendre pieds en Irak, un marche égale a 75 mille tonnes de lait conditionne, dont 18 mille pour le lait infantile. Les craintes francaises paraissent dans les déclarations du responsable de la société specialisée en materiel d'irrigation "Farmex", Nourredine Smali, qui dit: "Si c'est l'ONU qui se charge de l'apres-guerre, il n'y aura pas de changement à notre niveau. Par contre, si les decisions sont transferées aux Etats-Unis, cela risque d'être plus problématique de composer avec une Zona americana".
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Le problème est plus compliqué pour les sociétés francaises lies par des contrats avec l'Irak comme "Alcatel" qui a conclu un accord de 80 millions de dollars avec le gouvernement irakien. Egalement, les constructeurs français d'automobiles comme Peugeot et Renault, qui occupaient 20% du marche irakien des vehicules veulent protéger leurs intérêts. Pour dissiper les craintes des entreprises françaises, le ministère français des finances a souligné que le volume des exportations vers l'Irak en 2001 n'avait pas dépasser les 660 millions d'euros, soit 0,2% du total des exportations françaises. Mais, l'assureur des exportations "la COFACE" voit que l'Irak est un marche important pour la France. La COFACE precise qu'en 1990, un an avant la 2eme guerre du golfe, elle avait donne des garanties pour 20 milliards de francs français a des contrats d'exportation pour l'Irak, dont 14 milliards de FF en militaire et 6 milliards de FF en équipements civils et infrastructure. Des sommes vertigineuses qui font rêver les Français aujourd'hui mais aussi les Americains. La Grande-Bretagne, principale alliée des Etats-Unis, craint les intentions américaines... Blair déploie alors tout effort pour convaincre Bush, lors du sommet de Belfast, de "laisser" aux compagnies britanniques un "bon" morceau du gateau irakien: "Blair pourra ainsi résister aux pressions politiques".

Mais, les faucons de la Maison-Blanche affirment toujours que le dossier de l'Irak serait completement en mains americaines "au prix de laisser tomber quelques miettes", qui passeront par adjudications et appels d'offres au cours desquels Washington scande le slogan "intermediaires..s'abstenir" dans un signal de laisser loin du "gateau irakine copieux" ceux qui ont ose défier la decision americaine.

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04 avril 2003

Fedayins de Saddam, Peshmerga, frappe nucleaire: options "Terreur" de la guerre

Les analystes et les stratèges militaires perdent leur souffle en suivant les développements des opérations "sur le terrain" en Irak et ailleurs, sans oublier les combats mediatiques en parallele menés par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne contre l'Irak.

Sur l'autre rive, Bagdad se "barde" d'une forte résistance aux attaques de l'armada la plus sophistiquée de la planète. Dans cette "immense" disparité de force, certains analystes occidentaux s'arrêtent devant de "simples" événements qui attirent les analystes "pro" ou "anti" guerre. Abstraction faite des positions des pays, de l'equilibre des intérêts internationaux, régionaux et individuels; abstraction faite de la dimension stratégique perçue par les partisans ou les opposants, la guerre peut virer sur des scenarios non sans danger chacun puisqu'ils ouvrent la voie à des options "Terreur".

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Plusieurs analystes se sont arrêtés devant l'evolution de la guerre au 23 mars (jour 4):"l'Incident du dimanche" qui risque de devenir un "scenario de claquettes" qui a secoué les Américains et leurs Britanniques, surtout avec le bilan lourd de 10 morts et de 5 prisonniers de guerre parmi les forces américaines. Un convoi de Marines avance, joyeux, dans les territoires irakiens, à partir des frontières koweitiennes, vers Bagdad "objectif déclaré" de la guerre. Approchant de l'Euphrate et a proximité de Nassiriyah, une voiture irakienne s'approche du convoi avec le drapeau blanc hissé, en signe de résignation... Les Marines la prennent à la légère et partis recevoir "les fleurs" promises par Washington et ses services de renseignements !

A leur stupefaction, la ruse traditionnelle était au rendez-vous...les tirs partent en pluie des pistolets et des lance-missiles à partir de la voiture irakienne...Plus de 10 morts et 50 blessés Marines ainsi que de la destruction du vehicule. Selon l'ABC americaine, cette opération est la première apparition des milices "Fedayins de Saddam", en tenue civile, sur la scène des operations militaires en Irak. L'ABC s'interroge sur cette operation et se demande si elle n'ouvre pas la porte à d'autres similaires, alors que les combats s'approchent des villes, surtout Bagdad, ou stationnent les forces "elite" de l'Irak, celles de la garde republicaine...

La reponse ne se fait pas attendre...une opération martyr tombe le Jour 10 de la guerre (29 mars), quand un officier irakien, à proximite de Najaf, se fait exploser en voiture piegée, occasionnant la mort de 4 soldats americains. Loin des forces militaires régulières irakiennes stationnées dans les grandes villes telles Bagdad, Bassorah, Mossoul et Kirkouk, un grand nombre de milices paramilitaires, notamment les "Fedayins de Saddam", crées en 1995 par Oudai, fils aîné du président Saddam.

Selon Anthony Cordsman, spécialiste americain au Centre international des etudes strategiques et internationales (CSIS), les "Fedayins de Saddam" comptent 30 à 40 mille éléments. Selon M. Cordsman, plusieurs fois appelé à travailler pour les services américains de renseignements, de la sécurite nationale et le Pentagone, les "Fedayins de Saddam" englobent l'unité spéciale de "La brigade d'execution". chargée d'eradiquer l'opposition irakienne. Les "Lionceaux de Saddam", un autre groupe, réservé des Irakiens de 10 à 16 ans et "Les brigades d'al-Qods" qui compte quelque 7 millions Irakiens volontaires. Mais Cordsman souligne que ce chiffre, même baissé à 1 million, reste toujours exagéré.

Le spécialiste américain affirme que le régime irakien tenait à munir ces miliciens, distribués sur les grandes villes irakiennes, d'armes developpées en prevention de toute attaque contre ces villes. Et M. Cordsman d'ajouter que le regime irakien tenait aussi à la tenue civile des "Fedayins de Saddam" pour renforcer l'esprit de resistance auprès des Irakiens armés pour affronter les forces anglo-americaines dans leur tentative d'envahir les villes irakiennes, surtout Bagdad. Dans des déclarations à l'ABC americaine, des responsables militaires américains ont indiqué que le groupe de "l'operation du dimanche était envoyé par Bagdad, deux semaines avant la date de cette operation afin de defendre "Nassiriyah" contre toute éventuelle attaque.

Selon les mêmes sources, le piège dressé aux Marines était anterieur pour renforcer les forces regulières au sud. Ces sources doutent de la loyaute de ces forces au regime-Saddam. Lors d'une conference de presse tenue au Qatar, le commandant en chef des forces anglo-americaines, Tommy Franks, a avoué que les troupes américaines évitaient, exprès, l'armée irakienne mais que les "Fedayins" etaient entrés en "opération" avec l'arrière-colonne de véhicules americains en route pour le nord de l'Irak. "Nous savons que les "Fedayins" prennent naturellement une position pour freiner nos manoeuvres et nous créer des difficultés dans les régions lointaines", a affirmé le commandant Franks. Malgré les declarations du commandant americain, la chaîne ABS a soulevé les doutes de certains spécialistes que l'"operation du dimanche" ait été l'oeuvre des "Fedayins de Saddam".
peshmerga
M. Ibrahim al Maarachy, chercheur au centre des études de desarmement en Californie, souligne que les "Fedayins de Saddam" ont été utilisés dans des opérations interieures et n'avaient reçu aucune formation militaire. "Je ne crois pas qu'ils soient capables de mener une operation du genre.. Ils menent seulement des assassinats...l'operation demontre que les auteurs étaient des professionnelles comme et le cas des forces d'elite, connues par leur cruauté et leur haute compétence", a-t-il dit. M. al-Maraachy avait fait éclaté, dans une récente recherche, le scandale du rapport britannique ou le gouvernement-Blair avait "puisé" d'anciennes informations en les publiant comme provenant des services de renseignements. M. al-Maraachy souligne que les "Fedayins de Saddam" sont des milices paramilitaires, chiffrés à un grand nombre de jeunes du tribu "Abou Nasser" et des tribus sunnites des régions voisines de "Takrit", pays natal de Saddam Hussein.

Il estime que les "Fedayins de Saddam" sont de 18 mille a 40 mille jeunes "habilement" sélectionnés par Oudai Saddam, contrairement à l'armée populaire formee de volontaires de toute âge et toute capacité. De son côté, l'analyste Tobi Dodge, de l'Universite de Worweck, juge que les "Fedayins" opéreront dans les régions urbaines, surtout si les forces anglo-americaines accèdent aux grandes villes telles Bagdad et Bassorah. Selon M. Dodge, ces milices n'entreront pas actuellement "en action". "Ils seront des derniers groupes que lancerait Saddam sur le champ de la bataille pour recevoir les Marines a Bagdad", a-t-il dit. La chaîne ABS souligne que les "Fedayins de Saddam", normalement en tenue  noire, ont attiré, en l'an 2000, l'attention de la communauté internationale et des associations des droits de l'Homme par leur implication dans des executions d'Irakiennes dans les rues de Bagdad.

Selon l'ABS, les têtes, decapitées, étaient suspendues devant les porches dans les années 2000-2001 par des milices dans des operations qualifiées, à cette époque, de l'éradication des "prostituées".Loin des allégations concernant les "Fedayins de Saddam", ces milices représentent un scenario de cauchemar prevoyant des combats sanglants contre les forces anglo-americaines qui progressent vers Bagdad. Le deuxième scénario "Terreur", des combats en Irak, est tourné dans le nord du pays...Les observateurs craignent que les milices kurdes, le Peshmerga, fassent partie de l'équation de la guerre...Le nombre d'éléments Peshmerga, dont des combattants farouches, est, selon des sources kurdes, est estimé à 100 000.

Les Peshmerga ont apparu sur scène quand les Etats-Unis les avaient utilisés en atout pour ouvrir le front du nord afin d'atteindre plusieurs objectifs, dont l'accès rapide aux gisements de Kirkouk et de Mossoul, les régions les plus riches en brut.
Ajoutons l'évolution des combats qui a poussé les Americains a accelérer les plans pour alléger la charge des forces anglo-americaines dans le sud de l'Irak face à la resistance irakienne acharnée dans plusieurs villes et la possibilite d'assiéger Bagdad à partir de plusieurs axes. La Turquie a entamé les plans américains en refusant le déploiement de 62 mille soldats americains au Nord de l'Irak, par la peur qu'une telle mesure renforce les Kurdes Irakiens. Ceux-ci peuvent partir vers les régions riches en petrole et renforcer l'idee d'une independance et d'une proclamation d'un Etat kurde dans le nord de l'Irak.
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Le risque Peshmerga est derrière le désir d'Ankara d'envoyer des troupes dans la region malgré l'opposition américaine. De même, les nouvelles sur un parachutage américain au nord de l'Irak et la présence de près de 1000 soldats américains des forces spéciales redoublent les craintes d'Ankara. Ces nouvelles reflètent une cooperation kurdo-americaine pour former militairement et armer les Peshmerga dans le but de défendre le nord en cas d'une attaque irakienne. Les observateurs estiment que les Peshmerga "qui connaissent parfaitement la topographie irakienne", peuvent devancer les forces americaines, tel etait le cas avec l'Alliance du nord en Afghanistan.

Or, c'est un front "ajouté" aux forces irakiennes, car les Peshmerga sont habitués aux combats dans un climat difficile, et peuvent donc faciliter la mission des Marines et surtout des commandos americains. La participation Peshmerga ouvre la porte à plusieurs éventualités. la plus optimiste, selon des observateurs neutres, est une série de carnages et de combats entre les factions irakiennes, dans le risque de prolonger la guerre, allant ainsi en contre-courant avec la volonté de Washington qui s'efforce de l'ecourter pour réduire les pertes, alleger les retombées economiques, et éviter les pressions de l'opinion publique mondiale et americaine.

La pire des éventualités sera "l'implication d'Ankara dans une guerre entre les factions kurdes au sud de la Turquie et au nord de l'Irak", dans  un pari "grave" qui risque d'élargir le cercle de la guerre et de "gener" les Americains dans leur tentative de rester loin des combats "marginaux" qui ne font pas partie de leurs calculs.

Le troisième scenario, recemment favorisé par plusieurs experts militaires en Italie, est le recours du Pentagone, à l'option nucleaire pour trancher la guerre, de peur de "tomber dans un nouveau marécage Vietnam". Les observateurs tremblent devant une telle éventualité, surtout avec la guerre qui se prolonge au-dela de toute estimation de la part des Americains. Un expert militaire russe va plus loin dans son pessimisme...Il prévoit que Washington peut "feindre" une présence d'armes de destruction massive (chimiques ou biologiques) en Irak pour justifier, à l'opinion publique mondiale et americaine, cette frappe nucleaire. Cette option est à la tête du triangle "Terreur" des scenarios de la guerre dont personne ne peut estimer la fin.

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30 mars 2003

"Pétrole contre nourriture"..une histoire riche de polémiques, de différends et de tragédies

La Communauté internationale a proposé une série de formules d'aides humanitaires face aux crises humanitaires qui déchirent le globe terrestre... Mais le programme "Petrole contre nourriture", imposé à l'Irak, devance toujours ces formules, sans concurrence aucune, pour avoir soulevé, comme programme international, de polémiques et de différends des plus chauds, sans parler du drame produit par l'imposition des sanctions au peuple irakien. La mise en vigueur du programme est lourde d'événements saccadés, de développements et d'étapes "trés attirantes".
oilfood
Ce programme, père de 14 resolutions du Conseil de securite, a suscité une polémique d'envergure au niveau regional, international et intellectuel, pour avoir contenu des clauses sur la nourriture et les médicaments destinés au peuple irakien.
Ce peuple a fait l'objet d'une surveillance "de taille" par l'ONU qui avait approuvé et dans le cadre du programme, jusqu'au 31 mars 2000, 7.118 contrats pour une valeur de 11,486 milliards de dollars, sur un total de 12.675 contrats. La scène jouée vendredi au Conseil de sécurite prouve que "Petrole contre nourriture" arrive en tête des formules d'aides humanitaires proposées...Le Conseil a approuvé la 14eme résolution sur la reprise du programme. Ainsi, le processus de la formule, adoptée le 14 avril 1995, reprendra.

L'affaire "Pétrole contre nourriture" remonte au 2 aout 1990, debut de l'imposition des sanctions a l'Irak. A cette date, Le Conseil de securite promulgue la résolution 661, dans le cadre de l'article 41 de la charte de l'ONU, sur l'imposition des sanctions économiques de large envergure à l'Irak. La 661 stipule également la formation d'un comité de sanctions parmi les  membres du Conseil de sécurité, pour surveiller le respect de l'embargo. Le Conseil confie au comité, par la résolution 715, le contrôle de toutes transactions conclues par l'Irak.

Suivons la trace de "Petrole contre Nourriture", ce programme (juste!!!) censé soulager un peuple prive par l'embargo":

       * 25 septembre 1990: le Conseil de securite promulgue la resolution 670 pour imposer un blocus a tous les moyens du transport de ou pour l'Irak.

       * Avril 1991: La guerre contre l'Irak est achevée, le koweit libéré et son gouvernement restaure. Le respect des disposition de la Charte de l'ONU devait conduire alors à l'arrêt des sanctions économiques.

       * 3 avril 1991: Le Conseil de sécurité adopte la résolution 687: L'Irak devra verser les endemnites de la guerre, former l'UNSCOM pour desarmer l'Irak et régler la question des prisonniers de guerre koweitiens disparus.

       * 14 avril 1995: Le Conseil de securite approuve, dans sa resolution 986, le programme "Petrole contre nourriture": un programme que l'Irak refuse.

       * Mai 1996: Memorandum d'accord Irak-ONU sur les modalites d'application de la 986. Conformément au memorandum, l'Irak vendra du pétrole pour 2 milliards de dollars, tous les 6 mois. La recette sera versée dans un compte controle par l'ONU et servira à payer pour l'Irak nourriture, médicaments et materiaux de reconstruction d'infrastructure. Dans le programme, 53% de la recette du pétrole irakien sont consacrés au volet humanitaire (nourriture, medicaments, materiel et besoins de première nécessité pour la population), 30% à compenser les victimes de la guerre avec le Koweit, 13% aux 3 regions kurdes au Nord de l'Irak, 0,8% pour les  frais  de l'UNSCOM et 2,2% pour le service administratif et bancaire du programme. Le memorandum stipule aussi la mise en vigueur du programme, par Bagdad,  dans 15 gouvernorats du sud et du centre de l'Irak alors que les trois gouvernorats du Nord seront confiés a l'ONU.

       * 20 Fevrier 1998 : Prise de la resolution 1153 du Conseil de sécurité  pour élever le plafond d'exporation du brut irakien à 5,2 milliards de dollars tous les six mois, dont 300 millions pour importer du matériel pour ameliorer les capacités d'exportation pétrolière irakienne. Mais, la "tortue 661" entrave la machine vente-achat irakienne. Chaque demande et chaque pièce met des semaines avant d'être approuvée, sans parler de la raffinerie de Bassorah bombardée en décembre 1998 qui a ajouté à la souffrance du secteur pétrolier irakien.

       * 4 octobre 1999: Le Conseil de securite publie la 1266 pour permettreà l'Irak d'exporter pour 3 milliards de dollars supplémentaires jusqu'a la fin de la 6ème phase de "Petrole contre nourriture", en novembre 1999.

       * 19 novembre 1999: la résolution 1275 reconduit de 15 jours le programme et le Conseil espère exploiter cette période à convenir de la suspension des sanctions imposées a l'Irak. En reaction, Bagdad part en contre-attaque et arrêté l'exportation du brut.

       * 10 décembre 1999: Le Conseil de sécurité reconduit, de six autres mois par la résolution 1281, "Pétrole contre nourriture". La résolution plafonne a 5,26 milliards de dollars, la recette du pétrole irakien de 6 mois. L'Irak reprend ses exportations pétrolières au bout interruption de 3 semaines.

       * 17 décembre 1999: Le Conseil de securite promulgue la résolution 1284 malgre l'abstention de 3 de ses membres permanents (la Russie, la Chine et la France). La 1284 prévoit l'instauration d'un nouveau système d'inspection d'armes de destruction massive en Irak contre la suspension des sanctions pour 120 jours renouvelables. Par cette resolution, la Commission de surveillance, de verification et d'inspection des Nations-unies (COCOVINU) remplacera l'UNSCOM. La Russie s'est abstenue parce qu'elle jugeait la résolution "sans avenir" dans la poursuite des bombardements américano-britannique. La Chine a mis, elle, en garde les deux puissances contre le recours arbitraire a la force.Pour la France, le desarmement de l'Irak doit entraîner une levée et non pas une suspension de sanctions. Bagdad rejette cette résolution de 1284.

       * 26 janvier 2000: Le Conseil de securite approuve le choix de M. Hans Blix pour présider la COCOVINU, à la place de M. Rolf Ekeus, directeur de l'UNSCOM, désigné par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan et refusé par Bagdad et Moscou à cause des doutes suscités lors de sa présidence de l'UNSCOM de 1991 a 1997.

       * 31 mars 2000: Le Conseil de sécurité approuve la résolution 1293 qui autorise l'Irak à entamer 600 millions de dollars (au lieu de 300 millions) de sa recette pétrolière pour rehabiliter son infrastructure pétrolière.

       * 8 juin 2000: Le Conseil de sécurité adopte la résolution 1302 pour prolonger de 180 jours "Petrole contre nourriture" a partir du 9 juin. Dans la résolution, le Conseil de sécurité appelle le secrétaire général de l'ONU a nommer des experts indépendants pour rédiger un rapport détaillé sur la situation humanitaire en Irak.

        * 1er juin 2001: La résolution 1352 reconduit le programme pour un mois.

       * 3 juillet 2001: La résolution 1360 renouvelle Pétrole contre nourriture pour 150 jours sans faire aucune modification de sanction contre l'Irak. Par l'opposition de la Russie, la Grande-Bretagne renonce finalement à faire voter, une résolution sur lesdites "sanctions intelligentes".

       * 14 mai 2002: Le Conseil de sécurité adopte la resolution 1409 qui modifie le système des sanctions et prolonge de six mois "Pétrole contre nourriture". La résolution stipule que la COCOVINU et l'AIEA contrôle "de près" les produits susceptibles de servir des fins militaires.

       * 4 decembre 2002: Le Conseil de sécurité approuve la resolution 1447 qui renouvelle de six mois le programme "Petrole contre nourriture".

       * 30 decembre 2002: La résolution 1454 qui prolonge la liste des articles "interdits" d'importer par l'Irak, dans une procedure de durcissement de sanctions.

       * 28 mars 2003: La résolution 1472 est votée à l'unanimité sur la reprise du programme "Petrole contre nourriture", arrêté la veille de la guerre anglo-americaine contre l'Irak. La Russie a souligné que cette resolution constituait une solution "provisoire" de 45 jours. D'après les registres du programme "Petrole contre nourriture" une série de contrats approuvés, annulés et reportés par le comité des sanctions.

       Selon les chiffres du bureau de l'ONU charge du programme Irak, 12675  contrats sont reçus jusqu'au 31 mars 2000 et conclus par l'Irak avec les compagnies et les autres pays. Ces contrats sont partagés comme suit :

    ============================================================================
    Contrats recus           Contrats approuvés             Contrats en attente
    ============================================================================
    phases                    valeur en millions    valeur en million 
    de 1 a 7      nombre            USD          nombre   USD  nombre
    --------------------------------------------------------------------------
    produits
    alimentaires   1877            5652            1370            1       2 
    Traitement
    de produits
    alimentaires    664               806             414          187     51 
    Medicaments   1971            1165            1611         165    102 
    Pieces de
    rechange         2534             846            1656          316    517 
    Electricité         967             858              643          423    163 
    Eau                   443             501              291          138     58 
    Agriculture        898             690              633            13     59
    Education          401             208              192            67     90
    Regions
    kurdes             2783             698              268              1    13
    --------------------------------------------------------------------------
    Total             12675          11486          7118      1640  1114
    ========

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20 mars 2003

L'Irak est la "poule aux oeufs d'or" pour l'ONU....mais aussi les Etats-Unis

C'est une grosse erreur de croire que l'Irak est un pays accable par les sanctions imposées depuis des années...

Sur les bords du Tigre et de l'Euphrate s'écoule toujours une crue de richesses, mais pas au profit des Irakiens...Malgré la souffrance du peuple irakien par la pénurie des médicaments et de la nourriture, l'ONU voit l'Irak d'un oeil puisqu'elle considère, depuis plus de 12 ans, une "poule aux oeufs d'or".Georges Malbrunot et Christian Chesnot, deux journalistes français spécialisés dans les affaires du Proche-Orient, ont éclairci cette conception dans une oeuvre publiée en janvier 2003 sous le titre "L'Irak de Saddam, portrait total". Cette oeuvre est une tentative de mettre en relief ce qu'ils qualifient de "gaspillage" des richesses irakiennes dans le cadre du programme "Pétrole contre nourriture", suspendu par l'ONU quelques jours avant l'imminente guerre américaine contre Bagdad...scandale_4

Cette guerre qui ouvrira une nouvelle page de la souffrance du peuple irakien.L'ONU a trait la vache grasse irakienne a travers ce programme qui, selon les observateurs, constitue la plus grande ruse de l'Histoire comme fomente par l'ONU avec le soutien des Etats-Unis.L'Irak réalise des chiffres records dans tous les domaines, au moment ou 1,25 millions d'Irakiens périssent en raison des sanctions qui leur sont imposées. L'ONU voit étrangement que l'Irak est un pays de "sélection", le seul du monde à suivre un programme d'aides humanitaires à ses propres comptes...L'Irak paie...l'ONU encaisse.Dans leur oeuvre, Georges Malbrunot et Christian Chesnot se demandent "Où peut-on recruter un menuisier pour onze mille euros par mois ?

Ou peut-on changer de voiture tous les trois ans, même si elle est en bon etat ? Et dans quel Eldorado, les chiens renifleurs sont mieux nourris que le peuple même ? Ce paradis est naturellement l'Irak...l'employeur est l'ONU qui ne paie pas "de sa poche" son propre personnel en Irak. "Pétrole contre nourriture" est unique dans les annales de l'Organisation internationale...Aucun pays n'a financé les aides qu'il recoit...Un représentant de l'ONU à Bagdad était suffisamment courageux pour dénoncer cette anomalie.Ce diplomate international n'est pas le seul, dans les couloirs de l'ONU, à critiquer "Pétrole contre nourriture"... Plusieurs ont surmonté la timidité qui pèse sur eux depuis 12 ans.       

La question la plus flagrante, posée par les responsables de l'ONU à propos de "la poule irakienne", est  : "Où sont passés les fonds des Nations Unies au Kurdistan ?".Un diplomate européen a l'ONU a indiqué: "Les réserves de l'Irak sont gaspillées...C'est une honte". Quand on lui demande s'il compte soulever la question à son gouvernement...il est affirmatif, "Mais la consigne c'est de se taire", a-t-il ajouté.Le malaise est profond. Il suffit de prêter l'oreille pour capter les critiques de certains diplomates et les déclarations outragées du personnel des ONG, quand ce ne sont pas les confidences embarrassées des agents de l'ONU eux-mêmes.Le mot "aberrant" est présent sur beaucoup de lèvres, mais le gâteau est "succulent" que peu ose mettre les pieds dans le plat. Les deux journalistes n'épargnent pas le régime-Saddam de la destruction qui a touché l'Irak, mais soulignent le paradoxe entre objectifs déclarés et résultats obtenus du "Pétrole contre nourriture".Ils qualifient de "prothèse humanitaire" appliquée conformément à la résolution 986 du Conseil de sécurité et approuvée par l'Irak en 1996 au bout d'un an de négociations.


Selon ce programme, la recette du pétrole irakien échappe au gouvernement irakien: Aucun fonds ne transite sur son territoire ou entre ses mains.Conformément à la répartition des fonds, directement versés sur un compte séquestré ouvert par l'ONU à la Banque Nationale de Paris (BNP) à New York, 71% sont consacrés à l'achat, sur le marche international, des besoins humanitaires au peuple irakien, 25% sont pompes par les indemnités de la seconde guerre du Golfe, 2,2% aux frais de l'ONU, 0,8% au désarmement et 1% de frais bancaires de gestion du compte.3% de la recette pétrolière irakienne sont destinés a l'ONU. Or, l'Irak a exporté, depuis 1996, du brut pour 56 milliards de dollars américains (USD), ce qui signifie un pactole versé par le régime de Saddam Hussein à l'ONU de l'ordre de 1,7 milliards de dollars USD. Au premier regard, le chiffre parait anodin mais la somme, énorme, fait de l'Irak un des premiers bailleurs de fonds de l'ONU.scandale_2       

Par contre, l'Irak a perdu son droit de vote au sein de l'organisation internationale "comme bizarrement incapable de payer son quota au budget de l'ONU"...un quota estimé, en 2003, à près de 2,11 millions de dollars USD! C'est la première fois qu'une mission de l'ONU aussi lourde soit financée en dehors du budget de l'organisation internationale et sans recours a l'aide des Etats membres.Cette absence de contrainte budgétaire a grandement aidé à l'inertie du système. Pour l'ONU, l'Irak est la "vache grasse".Grâce à ces prélèvements, les agences de l'ONU opérant en Irak ont vu leur budget décupler et le personnel humanitaire porte de 200 en 1998 à 1000 actuellement.       

Dans ce contexte, un responsable d'une agence de l'ONU en Irak a indiqué ne pas savoir que faire des fonds consacrés a son agence. Il a qualifié d'"immoral" ce que l'ONU fait en Irak."J'ai supprimé des postes de courriers qui touchaient 600 dollars USD par mois rien que pour passer les télécopies dans les bureaux séparés de 20 mètres", a-t-il dit. "Ils gagnent cent fois le salaire d'un professeur d'université irakien".Les deux journalistes soulignent que le programme humanitaire visant à répondre aux besoins d'un peuple épuisé, est malsain de la part de l'ONU qui s'en sert dans une gestion frauduleuse de l'ONU frise l'indécence... L'ONU a mis en vigueur un programme de déminage des régions kurdes, certainement le plus cher du monde.Scandale       

Pour nourrir 28 chiens renifleurs amenés sur place de juillet 1999 a juin 2000, quelque onze tonnes de viande ont été transportées aux régions kurdes.Chaque quadrupède a eu également droit a un dresseur, un pick-up et deux guides.La facture s'est chiffre a 33 mille de dollars en 11 mois, soit 1248 de dollars pour chaque chien, et dix fois la somme reçue par un Irakien pour la nourriture et l'assistance médicale a travers les aides humanitaires.Le vice-ministre irakien des Affaires étrangères, Riyad al-Qaissy, a raconte, le 28 juin 2001, cette anecdote aux ambassadeurs des 190 membres de l'ONU, un malaise général s'est empare de l'assistance.       

En coulisse de l'ONU, plusieurs diplomates, y compris le représentant de l'Hexagone, ont trouvé remarquable le discours d'al-Qaisy, qui a duré deux heures, car il dévoile la mauvaise conscience de l'ONU qui rend licite les ressources irakiennes de l'or noir.Cela intervient au moment où le monde retient son souffle avec la guerre déclenchée contre l'Irak, sous la conduite des Etats-Unis, qui, selon des certains observateurs, veulent s'emparer des richesses de ce "pauvre" pays de l'Irak.

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