31 octobre 2014

La 3D au secours du patrimoine égyptien

Découvrir la copie d'une œuvre d'art plutôt que l'original. En Egypte, c'est désormais ce qui se passe grâce à une technologie révolutionnaire qui permet de produire des répliques d'œuvres d'art ou de tombes, à l'aide d'images 3D. Le processus vient d'être utilisé à Louxor pour copier le célèbre tombeau de Toutankhamôn. Objectif : protéger le tombeau original abîmé par le nombre important de visiteurs ces dernières décennies. Mais l'émotion est-elle la même devant une copie ? Un reportage de Marion Touboul et Ahmed Hassan Sami.

Posté par Simply Human à 21:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


27 mars 2014

Egypte : patrimoine en danger

Trois ans après la révolution, des pilleurs profitent du vide sécuritaire pour voler des pièces sur les sites archéologiques. Des objets que l'on retrouve maintenant à travers le monde, notamment en France. En décembre dernier, Paris a restitué à l'Egypte 5 pièces datant de 300 ans avant Jésus-Christ, parmi lesquelles la tête, le torse et un bras d'une statue en verre. Reportage au Caire avec Marion Touboul et Ahmed Hassan Sami.

 

Posté par Simply Human à 21:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

02 juillet 2013

Egypte : les Frères musulmans et la culture

Les Frères musulmans voudraient imposer leur vision de la culture, même si les artistes aussi se rebellent. Reste néanmoins cette série télévisée intitulée "Coffee Show" dont les femmes sont totalement absentes. Un reportage de Marion Touboul et Ahmed Hassan Sami

Posté par Simply Human à 20:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

24 mars 2013

Juifs d'Egypte : un sujet tabou

Depuis quelques semaines, le documentaire ''Jews of Egypt'' (''Juifs d'Egypte''), réalisé par Amir Ramses, défraie la chronique. Si sa projection en avant première, l'automne dernier, a été un succès, sa sortie officielle en salle, mercredi 27 mars, fait déjà débat, car le film a bien failli être interdit par les autorités égyptiennes.

''Jews of Egypt'' retrace l'histoire de la communauté juive égyptienne, forcée de quitter le pays après la déclaration d'indépendance en 1948 et suite à la crise du Canal de Suez avec Israël en 1956. Le réalisateur s'est entretenu avec des juifs égyptiens exilés en Europe ainsi que les rares représentants de la communauté restés en Égypte. L'objectif était notamment de montrer qu'avant l'indépendance, la société égyptienne était beaucoup plus tolérante qu'actuellement où le mot juif à tendance à être systématiquement associé à ''sioniste'' ou ''ennemi''. Un reportage de Marion Touboul et Ahmed Hassan Sami pour ARTE Journal.

                                                                          BONUS WEB

 

Nadia et Magda Haroun comptent parmi les dernières juives d'Egypte. Au Caire, elles ne sont plus que vingt femmes. Ces deux soeurs n'ont jamais eu l'intention de s'exiler aux États-Unis ou en Europe où se trouve une grande partie de leur famille. Elles travaillent comme avocates au Caire et se battent pour la survie de leur communauté, en particulier la préservation du patrimoine juif qui comprend notamment plus d'une vingtaine de synagogues, rien que dans la capitale égyptienne. Témoignage.

Posté par Simply Human à 20:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

07 novembre 2012

Namir Abdel Messeeh : les Egyptiens ont désormais la force de changer le régime

normal_namir_4"A ce jour, je n’arrive pas à comprendre comment les Egyptiens ont pu se révolter le 25 janvier 2011", C’est ce que répond Namir Abdel Messeeh, réalisateur du film "La Vierge, les Coptes et moi", à la question de savoir s’il a ressenti l’approche de la révolution.

Après, deux courtes visites en Egypte post-révolution, Namir, dont le film a remporté plusieurs prix, constate qu’il n’y a pas de portraits de l’ex-président Hosni Moubarak, et du président actuel Mohammed Morsi non plus. Il voit que la situation économique et sociale actuelle est catastrophique, tout le monde est mécontent. "Mais je pense que tout cela est positif. Les Egyptiens s’expriment ouvertement et sans crainte, et ils ont la capacité de changer le régime, s'il ne répond pas à leurs aspirations. Mais, il y a toujours un long chemin à parcourir".

"La Vierge, les Coptes et moi" est un film de 90 minutes. Il parle du phénomène de "l'apparition de la Sainte Vierge" de temps en temps en Egypte et comment les Egyptiens, Chrétiens et Musulmans, voient ce phénomène qui a débuté en 1968.

Le film, dont le tournage a commencé en 2007 et s'est terminée deux mois avant la révolution du 25 Janvier 2011, traite d’une manière ironique de nombreuses questions qui préoccupent la rue égyptienne, comme la justice sociale, l'appartenance, la peur des autorités, la relation entre chrétiens et musulmans, la femme, et la liberté de croyance et d'expression. Tout cela à travers la relation entre Namir et sa famille, et la situation résultant du conflit entre les générations, et la différence entre sa culture française et la culture de sa famille en Egypte.

Le film a été nommé meilleure fiction documentaire au Festival du film de TriBeCa à Doha, et a remporté le 3éme prix au Panorama Audience Award de la Berlinale 2012. Il a également gagné trois prix au Festival International d’Ismaïlia pour les films documentaires et court-métrages, dont le prix de meilleur documentaire. "La Vierge, les Coptes et moi", qui a été présenté au Festival de Cannes, a atteint plus de 50.000 entrées en France, malgré qu’il soit exposé dans des petites salles.

la_vierge_les_coptes"Ce film est une recherche dans mes racines égyptiennes. J’ai quitté l'Egypte quand j'avais 18 ou 19 ans. A l’époque, j’avais une crise identitaire. Je me sentais Français tout en vivant en Egypte et Egyptien quand je suis en France. Je n'ai pas trouvé ma place dans les deux sociétés", précise Namir. "A cette époque, j’ai refusé de vivre en Egypte, où la société rejette celui qui est différent dans les pensées ou dans la croyance".

Ayant grandi, Namir a constaté que l'affaire est plus compliquée que la simple différence. "Alors, j’ai cherché une occasion pour retourner en Egypte et restaurer les relations avec ma famille. D'où l'idée de faire un film sur l’Egypte. Mais, quoi ? ".

"L'idée s'est avérée dans une soirée de Noël, quand une amie copte vivant en France nous a rendu visite en apportant une cassette vidéo sur l'apparition de la Vierge Marie dans un quartier au Caire. J’ai rien vu dans la vidéo, mais ma mère m’a juré avoir vu la Sainte Vierge dans la bande", raconte Namir.  "Ça m'a fait penser le lendemain, et je me suis dit qu’il y avait une possibilité de faire un film : Il y a une vidéo, et les gens ne voient pas la même chose dans cette vidéo. Ainsi, j’ai présenté l'idée au producteur et je lui ai dit que mon but est de comprendre pourquoi et je n'ai pas vu la même chose que ma mère. Il a répondu que l'idée est bonne, mais où est le sujet du film? Est-ce que c’est la Sainte Vierge ou c’est votre mère ? Ma réponse était que c’est la Sainte Vierge...Même si l’aventure du film m’a obligé à amener ma mère.

Namir est né Egypte en 1974. Quand il a eu deux ans, ses parents sont partis en France. Jusqu'à l'âge de dix-huit, il retournait en l’Egypte tous les étés, puis il s’est installé à Paris. Il a étudié le cinéma à la Fémis, où il a eu son diplôme en 2000.

En 2005, il a réalisé son premier documentaire intitulé "Toi : Waghuih", qui parle de son père, et à la même année, il a également réalisé sont premier court-métrage "Quelque chose de mal".

Dans son docu-fiction "La Vierge et les Coptes et moi", Namir donne l’impression qu’il critique la situation en Egypte. Mais il le nie complètement. " J’ai essayé de comprendre l'Egypte et les Egyptiens", explique-t-il "Vous trouvez que le film est plein de l’ironie. Mon idée était de voir ce qui se passe avec un œil étonné. Pour cela, il y a des scènes ou les Egyptiens disent qu’ils sont tous des frères alors que d’autres scènes montrent l’opposé".

Mais comment voit-il l’Egypte après 15 ans d’absence ? Selon Namir, l’Egyptien est divisé en deux. "Il  y a un écart entre ce que l’Egyptien pense et ce qu’il dit, et le problème réside dans la personnalité résultant de ce mélange", précise-t-il. "Les Egyptiens vivent au milieu de beaucoup de contradictions..Mais, la question c’est comment gérer l’hypocrisie de soi, que ce soit en religion, en politique..etc ? ".

Virgin_Copts_still_2Même si l’Egyptien justifie cette hypocrisie par le fait qu’il est obligé de la faire, Namir la voit comme preuve de la force de l’Egyptien, privé de tous ses droits auprès des autorités égyptiennes. " Ça m'a  étonné que l’Egyptien ne s’énerve  jamais quand son bus est en retard pour quatre heures, et il le trouve même normal, et si ce bus vient à l’heure, alors c’est un miracle ", dit-il. " J’ai découvert que les Egyptiens ont développé une philosophie, dans leur quotidien, selon laquelle il faut accepter tout ce qui est négatif sans se fâcher". Pour Namir l’Egyptien n’est pas révolutionnaire ou rebelle par nature. "Il arrive à s’adapter avec toute situation possible".

Pendant les 4 ans de tournage du film, Namir a été choqué par le fait que son passeport français l’ait sauvé plusieurs fois et s’il ne l’avait pas, alors peut-être il se trouvait détenu ou torturé.  "Un de mes cousins m’a dit que si on était agressés en tant que Français, l’armée et la police aurait encerclé le village pour trouver l’agresseur dans moins de 24 heures.  Alors que si l’agression est contre ma famille égyptienne et 50 personnes sont morts personne va bouger…C’est triste d’entendre mon cousin dire que notre vie est 100 fois plus chère que leurs vies chez les autorités égyptiennes".

Namir se rappelle toujours du moment où il était en tournage quand un policier de la Sureté d’Etat, le service de renseignements du ministère de l’intérieur,  est arrivé le voir. "Il était en tenue civile, sauf qu’il avait un pistolet. Il m’a demandé qui suis-je et je lui ai posé la même question en arabe. Il s’est énervé et a demandé a un autre officier de rédiger un procès verbal contre moi et me détenir. Là, j’ai commencé à parler en français et j’ai sorti mon passeport français, ce qui m’a sauvé". Namir a appris une chose de cet incident : il ne faut pas montrer qu’il est Egyptien en Egypte.

Même si Namir a fini le tournage du film deux mois avant la révolution Egyptienne, et malgré les scènes où les gens se plaignent de la détérioration de la situation économique et sociale, il n’a jamais senti que les Egyptiens vont se révolter. "Au contraire, je me demandais tout le temps c’est quoi ce pays où les gens ne se révoltent jamais contre la vie difficile qu’ils affrontent, au moment où  ça m’énerve de voir tous ces portraits de Moubarak dans les rues ? Je pensais que leur peur des autorités les empêcherait de se rebeller. En plus, ils étaient tout le temps observer par les services de sécurité.  Pendant le tournage dans mon village, mes cousins avaient peur de ce que je tournais. Et l’un d’eux a été forcé d’écrire un rapport aux policiers sur ce qu’on fait et ce qu’on fera le lendemain, ou bien les retombées seraient désastreuses".

Après son retour en Egypte, Namir a ressenti l’escalade de la tension entre Musulmans et Chrétiens. "J’ai trouvé que la haine domine dans le discours de chaque côté, mais aussi, j’ai trouvé qu’une grande partie de cette haine est basée sur des rumeurs. Un de mes cousins m’a raconté des histoires atroces sur ce que font les Musulmans aux Chrétiens, et à chaque fois quand je lui ai demandé s’il a vécu ou vu ça par ses propres yeux, il me dit qu’il a entendu l’histoire", précise-t-il. "Ce qui me gène le plus c’est que ce discours de haine sort de certains lieux de cultes, des deux côtés, alors que ces lieux devaient propager la culture de tolérance et d’amour".

Mais Namir ne nie ni l’existence de vrais problèmes entre Chrétiens et Musulmans ni la réalité de la minorité face à la majorité. "Ces problèmes sont dus à des failles d’éducation, d’enseignement et de culture. Les extrémistes se trouvent dans les deux côtés, et il ne faut leur donner ni la légitimité ni la chance de nous représenter".

Namir_Abdel_Messeeh_5029Namir était soucieux de diffuser son film en Egypte dans l’espoir que les Egyptiens l’aiment, mais il a été confronté par des opinions étranges. "Il y avait ce chrétien qui a beaucoup aimé le film jusqu’au point qu’il m’a demandé de  le diffuser dans toutes les églises de l’Egypte. Mais, la même personne refusait catégoriquement que les Musulmans le voient pour la simple raison que j’avoue dans le film que je ne crois pas aux histoires de l’apparition de la Sainte Vierge", dit-il. Selon Namir, cette attitude est due au discours de haine, qui a fait que les gens de la même communauté ne peuvent plus parler de leurs différences publiquement de peur que l’autre communauté se moque d’eux.

Et Namir d’ajouter qu’avant la diffusion du film en Egypte, il pensait que ce sont les Musulmans qui vont attaquer le film.  "Au contraire, ils ont bien aimé le film. Ce sont les chrétiens qui l’ont critiqué sévèrement. Pire, un chrétien a déclaré sur une chaine de télé chrétienne qu’il n’ira pas regarder ce film car il diffame le christianisme. Comment il le sait sans le voir ?", martèle-t-il. "Une autre chose m’a étonné. Quand j’ai diffusé le film dans mon village, les chrétiens l’ont adoré. Alors, que c’est au Caire, ou les chrétiens sont plus éduqués et plus ouverts, que le film était attaqué.

Dans son film, Namir montre qu’il cherchait une fille musulmane pour jouer le rôle de la Sainte Vierge. Il le justifie par son intention de sortir ce cadre communautaire dans lequel les Egyptiens tournent tout le temps. "Mon but dans le film était de montrer que les habitants du village, chrétiens et musulmans, se ressemblent dans beaucoup des choses. Quand j’ai cherché une fille pour jouer le rôle de la Sainte Vierge, les familles chrétiennes, aussi bien que les familles musulmanes, ont refusé qu’une de leurs filles soit filmée pour que les filles ne fréquentent pas des hommes avant le mariage…Une raison qui n’a rien a voir avec la religion, mais plutôt avec la culture", affirme-t-il.

Le film laisse entendre que la mère du réalisateur a honte de sa famille des paysans. Namir voit que tous les Egyptiens viennent de famille de paysans. Mais quand ces Egyptiens obtiennent  un très haut diplôme et vivent dans des quartiers chics, la plupart d’entre eux essaie d’oublier ces origines, notamment s’ils viennent d’un milieu pauvre. Cela a créé, selon lui, une sorte de discrimination envers les pauvres. "Un prêtre m’a dit, après avoir vu le film, qu’il ne fallait pas montrer les chrétiens pauvres car cela va donner une mauvaise image aux chrétiens en général...Un discours qui ne va pas du tout de pair avec l’Évangile", souligne-t-il. "Quand tu sors pour filmer la rue égyptienne, et par hasard tu passes à côté d’une poubelle, tu trouveras plusieurs gens t’empêcheront de filmer car ils sont convaincus que tu filmes l’ordure dans le but de donner une mauvaise image de l’Egypte. Mais qu’est-ce qu’ils font pour se débarrasser de la poubelle ou même pour empêcher qu’elle soit jetée dans la rue ? L’Egyptien se moque de sa pauvreté, de sa misère et de l’injustice qu’il affronte, mais il refuse que cela soit filmé… !", a-t-il conclu.

Posté par Simply Human à 15:13 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,


31 octobre 2012

Quel poids a Taha Hussein dans la culture française?

Influencé par la culture et la littérature françaises,  Taha Hussein appelé le "doyen de la littérature arabe", a commencé la littérature après avoir obtenu un doctorat à l'Université de la Sorbonne à Paris en 1919 sur le thème : "la philosophie sociale d'Ibn Khaldoun". Un travail supervisé par le sociologue et grand philosophe français Emile Durkheim. Taha Hussein a également fortement influencé en retour la culture française.

Taha_HusseinIl suffit de voir le nombre de ses livres traduits en français. Parmi environ 25 de ses oeuvres, onze sont disponibles en français bien qu'il n'ait reçu aucun prix littéraire prestigieux. Cela confirme sa place prépondérante dans la littérature mondiale puisque la traduction des oeuvres des écrivains arabes contemporains était faible à l'époque.

Taha Hussein, aveugle depuis l'âge de trois ans, a attiré l'attention du monde de la littérature quand la maison d'éditions "A. Pedone" a publié sa thèse. Puis la maison d'édition "Excelsior" a publié, en 1934, le premier tome de son autobiographie "Les Jours", traduit par Jean Lecerf, alors que "Gaymard" a publié le second tome, traduit par Jean Lecerf et Gaston Weit, avec une préface d’André Gide.

En 1949, les éditions Denöel publient son roman "L'appel du Karawan".

La maison d'édition égyptienne  Dar al-Maaref publie la version française du roman "Adib", réalisée par les enfants de l'écrivain Amina et Moenes, avant que les éditions "Clancier-Guénaud" ne sortent une autre édition en 1988 avec une préface de Philippe Cardinal.

Mais l'impact de Taha Hussein, né le 15 novembre 1889, sur la culture française ne s'arrête pas à la traduction de ses romans ou essais. Beaucoup de chercheurs français ont écrit sur lui, comme Raymond Francis, qui a publié en 1963 une étude intitulée "Taha Hussein, romancier", et Bruno Ronfard qui a écrit en 1995 chez "Témoins d’humanité" une étude sous le nom "Taha Hussein : Les cultures en dialogue".

Malgré son décès le 28 octobre 1973, l'influence de Taha Hussein pousse toujours les Français à essayer de découvrir sa vie personnelle et, dans ce contexte, la maison d'éditions du Cerf a publié en octobre 2011, les mémoires de son épouse Suzanne, de nationalité française, intitulé "avec toi de la France vers l'Egypte, une histoire d'amour extraordinaire : Suzanne et Taha Hussein".

Posté par Simply Human à 15:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

13 octobre 2012

Nobel de littérature 2012, prix mérité ou un cadeau pour calmer le jeu avec Pékin ?

Mo_Yan_2Comme à chaque fois qu’un Chinois remporte un Prix Nobel, une polémique se déclenche. On l’a vécue en 2000 et 2010 respectivement avec Gao Xingjian et Liu Xiaobo. Cette année, le rendez-vous est avec Mo Yan.

 Si Pékin a accueilli avec joie la décision de l’académie suédoise de décerner le Prix Nobel de Littérature 2012 au romancier chinois Mo Yan, ce choix n’a pas plu aux dissidents chinois.

Le "Quotidien du Peuple", l’organe de presse officiel du Parti communiste chinois, a aussitôt salué sa récompense et adressé ses "félicitations" à Mo Yan. "Il est le premier auteur chinois à remporter le prix Nobel de littérature", salue un internaute sur le site du quotidien officiel.

Mais pourquoi Pékin est heureuse de cette décision ? Mo Yan, dont le pseudonyme qu’il s’est choisi signifie "Celui qui ne parle pas", est réputé proche du pouvoir chinois, qui ne reconnait pas la liberté d’expression. Une réputation qu’il ne nie pas. Longtemps soldat dans l’Armée populaire de libération, Mo Yan respecte un régime qui lui a permis de s’extirper, grâce à l’armée, de sa condition de paysan pauvre et illettré. 

En plus, Mo Yan ne s’est d’ailleurs pas illustré par son soutien à l’intellectuel chinois Liu Xiaobo, toujours en prison pour "subversion", et au combat pour les droits de l’Homme dans son pays.

Guan Moye, le vrai nom de Mo Yan, n’est cependant pas vraiment le premier Nobel de littérature chinois : en 2000, Pékin avait peu apprécié l’attribution du prix à Gao Xingjian, un écrivain né en Chine, dissident naturalisé français. Et en 2010, le prix Nobel de la Paix a été attribué à Liu Xiaobo, un prix qui avait carrément provoqué la fureur du régime chinois.

Sa réputation de pro-régime a suscité les critiques des dissidents chinois. Quelques heures avant l’annonce du prix, l’avocat Teng Biao a estimé que Mo Yan "chante la même rengaine que le régime non démocratique". Il jugeait même qu’il serait "inapproprié" de lui décerner le Nobel.

Et si Mo Yan a appelé, juste après l’annonce de Prix Nobel de Littérature 2012, à la libération de Liu Xiaobo, l’artiste dissident Ai Weiwei s’est montré pour le moins acerbe à l’égard de son compatriote, jugeant que le Comité Nobel avait commis une erreur en récompensant un auteur qui porte "la tache du gouvernement". "Mo Yan a déclaré qu’il n’avait rien à dire au sujet de Liu Xiaobo. Je pense que les organisateurs du Nobel se sont retirés de la réalité en lui décernant ce prix", a-t-il commenté.

Même dans la rue chinoise, la polémique ne s’arrête pas. La nouvelle de son prix a en tout cas déchaîné Weibo, le Twitter chinois. En moins de deux heures, plus de trois millions de commentaires avaient été postés sur le réseau social, comme l’indique "Le monde". Les sentiments sont mitigés : certains se réjouissent de cet "honneur" qui revient aussi à la langue chinoise et aux Chinois.

D’autres se montrent plus amers, expliquant avoir été déconnectés du site des Nobel en voulant consulter la page consacrée à Liu Xiaobo. Certains vont même plus loin et proposent, "la prochaine fois", de donner "le prix Nobel de littérature à un écrivain nord-coréen".

Mo_Yan_1Mais les choses sont peut-être un peu plus complexes : Mo Yan "est un homme libre, libre dans sa tête et dans son écriture, qui mérite amplement cette reconnaissance internationale", estime Pierre Haski sur Rue89. "Certains de ses livres, notamment Beaux seins, belles fesses, ont été censurés", ajoute-t-il.

De son coté, Sabine Delanglade écrit, dans l’éditorial des Echos, que l’enfance rurale de Mo Yan  "sous le Grand Bond en avant" (on s'y calait l'estomac avec de la poussière du charbon) n'en a pas fait un ami du régime. "Mais c'est grâce à l'emploi qu'il trouve dans l'armée (il ne la quittera qu'en 1997) qu'il peut se mettre à écrire ses plus de 80 romans et nouvelles, ce qui compense, et fait que les dissidents regrettent l'absence de soutien d'un des écrivains chinois les plus connus au monde", estime-t-elle.

Pour sa part, l’express voit que Mo Yan a évoqué dans ses romans des questions sensibles en Chine. "Dans un récent ouvrage intitulé Grenouilles, Mo Yan évoque de sa plume acerbe la politique de contrôle des naissances en Chine, un sujet qui a toutefois cessé depuis quelques années d'être tabou", écrit la revue. "Dans Le Clan de Sorgho, il parle de l’invasion japonaise, et il critique les responsables du Parti Communiste dans Le Pays de l’Alcool". 

Pour Sean Rose de France 24, même si Mo Yan ne se démarque pas du pouvoir, il écrit et dit toujours ce qu'il pense.

Mais que pense Mo Yan lui-même ? "J'écris dans une Chine dirigée par le parti communiste", s'est défendu l'écrivain, ajoutant : "Mes travaux depuis les années 1980 montrent clairement que j'écris depuis une perspective qui est celle de l'être humain". 

Il croit que beaucoup de ses critiques n'ont pas lu ses livres. "S'ils les avaient lus, ils auraient compris qu'ils ont été écrits sous haute pression et qu'ils m'ont exposé à des grands risques", a encore déclaré le Nobel 2012.

Posté par Simply Human à 14:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

01 avril 2012

La culture et les islamistes

Après l’écrasante victoire des islamistes lors des législatives, l'Egypte commence à ressentir l’influence de ces religieux. Dans leur ligne de mire, les artistes. En novembre dernier, un salafiste déclarait par exemple que les romans de Naguib Mahfouz devaient être interdits car ils faisaient l’apologie de la drogue et de la prostitution.
Ces menaces envers le milieu culturel sont-elles sérieuses ? Comment les artistes y font-ils face ?
Reportage de Marion Touboul et Ahmed Hassan Sami pour Arte Journal :

Posté par Simply Human à 20:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

26 mars 2012

Le milieu culturel égyptien refuse la manière "absurde" utilisée pour former le comite de la rédaction de la constitution

TellawiLe vice-président de l'Union des écrivains égyptiens, Gamal el-Tellawi, a affirmé que l'Union refuse catégoriquement la manière suivie par la majorité islamiste au Parlement dans la formation du comite de rédaction de la constitution égyptienne.

"Pourquoi ils insistent sur le fait que 50% des membres de ce comite soient des parlementaires?", se demande-t-il. "Ils se sont même emparés du choix des personnalités qui adhéreraient à ce comite".

Selon el-Tellawi, ce qui se passe actuellement prouve qu'il n'y a pas eu de réels changements dans la vie politique en Egypte. "Les Frères Musulmans suivent les mêmes politiques du Parti National Démocratique (PND) dissolu", affirme-t-il.

Et el-Tellawi de se dire surpris de l'attitude de la confrérie qui a connu l'injustice, l'oppression et l'exclusion a l'époque de l'ex-régime. "Ils appliquent la même injustice maintenant à l’égard du peuple égyptien".

Pour El-Tellawi, les Egyptiens se sont soulevés pour réaliser une avancée démocratique. "Mais, ce qui se passe actuellement est une régression dont le conseil suprême des forces armées (SCAF) et l'assemblée du peuple assument la responsabilité", a-t-il repris. "Le gouvernement d'al-Ganzouri n'a aucune prérogative, comme c'était le cas avec le gouvernement d'Essam Charaf".

Selon le vice-président de l'Union des Ecrivains Egyptiens, les crises dont témoigne l'Egypte actuellement sont artificielles pour attirer l'attention du peuple loin de la politique, ce qui va aider ceux qui tiennent les reins du pays à rédiger la constitution comme ils la voient et élire un président qui les convient. "Ce qui sont au pouvoir actuellement sont plus intelligents que l'ex-régime. Moubarak créait une seule crise à la fois, mais eux, ils sont capables de créer plusieurs crises en même temps", a-t-il précisé.

Pour el-Tellawi, la seule manière de régler la situation est de travailler sur trois axes. "D'abord, il faut que le SCAF, qui a protégé la révolution, sache qu'il doit remettre, honnêtement, le pouvoir, et enlever la tutelle imposée au peuple égyptien depuis 1952. Les frères musulmans et les salafistes doivent ensuite comprendre que la popularité qu'ils avaient gagnée après la révolution peut disparaitre s'ils continuent à s'emparer de la prise des décisions, et enfin il faut accorder des vraies prérogatives au gouvernement d'al-Ganzouri pour ce qui reste de la période transitoire".

AbelAzizDe de son côté, L'enquêteur dans le domaine du patrimoine égyptien Abdel Aziz Gamal Eddine a qualifié "d'absurde", la manière choisie pour former le comité charge de rédiger la constitution car elle reflète le contrôle de l'un des spectres de la société sur la prochaine constitution.

Selon Gamal Eddine, ni la majorité, ni la minorité ne doit s'emparer de la rédaction de la constitution. "Toute la société doit participer à la rédaction de cette constitution", a-t-il précisé. "Ce qui se passe maintenant ne mènera jamais à une constitution acceptable par tous les Egyptiens".

Gamal Eddine se demande pourquoi ceux qui ont formé le comite ont abandonné le projet de constitution de 1954 qui est acceptée par tous les Egyptiens. "Les honnêtes se sont retirés de ce comité", a-t-il repris.

Pour Gamal Eddine, il faut que toutes les communautés et les couleurs politiques en Egypte soient représentées, équitablement, dans le comité de la rédaction de la Constitution. "Les frères Musulmans doivent être présentés par un seul membre, aussi bien que les salafistes, les Nubiens, les Amazighs..etc", a-t-il précisé. "C'est étonnant que le comité ne regroupe pas des représentants de la Nubie, du Sinai ou de Siwa".

Et Gamal Eddine d'ajouter que les experts juridiques et constitutionnels ainsi que les juges de la Haute Cour Constitutionnelle doivent être la base de ce comité. "Je suggère aussi que le comité regroupe, comme consultants, des experts internationaux en matière de constitution...Mais, si la situation demeure comme elle est maintenant, l'avenir sera obscure", a-t-il conclu.

 

Posté par Simply Human à 11:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

08 janvier 2012

SQUARE - Portrait de Keizer

Depuis la révolution, Keizer est devenu un artiste de rue incontournable. Il couche sur les murs du Caire des phrases ou des dessins comme autant de messages politiques.

Posté par Simply Human à 12:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,